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Dialogue de haut niveau – « Nourrir l’Afrique » : le continent africain invité à préserver ses terres arables et à mieux les valoriser

Afrique - Societe
Le président sénégalais, Macky Sall, a exhorté, jeudi, les États africains à ne pas céder leurs terres arables à des pays tiers ou à des multinationales, mais à mieux les valoriser afin d’atteindre l’objectif continental de nourrir l’Afrique et d’éliminer la faim d’ici à 2025.
Macky Sall s’exprimait lors de la première journée du dialogue de haut niveau intitulé, « Nourrir l’Afrique : leadership pour intensifier les innovations réussies », co-organisé jeudi et vendredi par la Banque africaine de développement et le Fonds international de développement agricole (FIDA), en partenariat avec le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) et l’Organisation du système du CGIAR.

« L’Afrique n’apprécie pas encore à sa juste valeur son potentiel agricole. Nous ne devons pas céder à la tentation de la vente des terres agricoles africaines », a averti le président sénégalais. « Nous devons plutôt travailler à faire en sorte que l’Afrique nourrisse l’Afrique et même le reste du monde. L’accès aux crédits et aux financements est indispensable pour réaliser cette ambition. »

Alors que 65% des terres arables non cultivées du monde se trouvent en Afrique, le continent importe chaque année des produits alimentaires pour près de 35 milliards de dollars américains.

Les importations de produits alimentaires grèvent le budget des États africains et détériorent leur balance des paiements. Un pays comme l’Éthiopie importe annuellement du blé pour près de 700 millions de dollars américains, le Burkina Faso du riz pour environ 130 millions de dollars et la République démocratique du Congo dépense près de 1,5 milliard de dollars pour importer des produits alimentaires.

Sortir du paradoxe

Pour sortir de ce paradoxe et progresser vers l’ambition de voir l’Afrique nourrir l’Afrique, plus d’une quinzaine de chefs d’État et de gouvernement, des responsables d’institutions multilatérales, des représentants d’organisations régionales, des experts d’instituts de recherche ainsi que des acteurs du secteur privé et du monde universitaire ont participé à ce dialogue de haut niveau organisé en visioconférence.

Les échanges ont permis de réfléchir aux moyens de moderniser l’agriculture africaine pour la faire évoluer d’une agriculture familiale de subsistance vers une agro-industrie capable d’attirer particulièrement les jeunes Africains et de renforcer les chaînes de valeur.

Le dialogue des chefs d’État et les différents panels ont insisté sur l’urgence d’investir massivement dans l’agriculture africaine et de lui faire profiter des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Un vibrant plaidoyer a été prononcé lors des discussions en faveur de l’amélioration du climat des affaires afin d’attirer les investissements privés nationaux et étrangers vers l’agriculture africaine.

Plusieurs intervenants ont insisté, dans les panels, sur la nécessité de créer les conditions d’accès des produits agricoles aux marchés grâce à la construction d’infrastructures, notamment, routières.

« Nourrir l’Afrique » fait partie des cinq piliers stratégiques dits « High 5 » de la Banque africaine de développement, dont le Programme de transformation agricole en Afrique (TAAT, en anglais) qui a déjà sorti près de 130 millions d’Africains de la pauvreté.

S'adressant à ses collègues chefs d'Etat africains et aux différents responsables d'institutions sur l'importance du financement de l'agriculture et de la nutrition, le Président Sall a déclaré : "Nous devons mettre en place une facilité de crédit financier pour nos différents établissements. J'espère que cette plateforme contribuera au développement. Cette facilité de crédit pourrait être hébergée à la Banque africaine de développement. Je vous demande de soutenir cela."

BAD