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Le PAM a dû réduire de 60 % les rations alimentaires des réfugiés en mars et avril

Rwanda - Societe
Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies et l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont commencé à mettre en place un nouveau mécanisme au Rwanda afin de donner la priorité de l’aide alimentaire aux réfugiés les plus vulnérables et éviter que le manque de fonds des donateurs ne les touche.
Les deux agences onusiennes ont ainsi mis en place « un système ciblé » qui leur permettra de donner « la priorité aux réfugiés extrêmement vulnérables, qui dépendent entièrement de l’aide humanitaire », l'objectif etant de veiller à ce que leurs besoins fondamentaux soient « satisfaits ».

« Les pénuries de financement, auxquelles nous étions déjà confrontés en raison de la nature prolongée de la crise des réfugiés au Rwanda, ont été aggravées par la pandémie de COVID-19 », a déclaré dans un communiqué, Ahmed Baba Fall, Représentant du HCR au Rwanda.

La distribution des rations d’aide alimentaire pour les réfugiés dépend de la disponibilité des fonds et en raison d’une grave pénurie de fonds pour les réfugiés au Rwanda, le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû réduire ses rations alimentaires de 60 % en mars et avril dernier. Or, si les fonds ne permettent pas de fournir une assistance complète, l’Agence onusienne donne la priorité à ceux qui en ont le plus besoin.

« C’est la bonne mesure au bon moment, alors que les donateurs du monde entier sont plus que jamais sous pression en raison de l’impact de COVID-19 et des demandes croissantes », a déclaré la Représentante du PAM au Rwanda, Edith Heines.
Premier plan ciblé en Afrique de l’Est

« En ciblant, nous donnons la priorité au financement des réfugiés qui ont le plus besoin d’aide pendant que nous nous efforçons de mobiliser davantage de ressources et de trouver des solutions à long terme », a-t-elle ajouté.

Ce changement s’effectue en étroite collaboration avec le Ministère de la gestion des urgences (MINEMA) et avec l’appui technique du Centre conjoint HCR-PAM d’excellence et de ciblage des programmes. Il s’agit du premier pays d’Afrique de l’Est où le PAM et le HCR ont conjointement mis en œuvre un plan ciblé et une hiérarchisation de l’aide humanitaire.

Une évaluation conjointe du HCR et du PAM menée en décembre 2020 dans tous les camps du Rwanda a révélé que les niveaux de vulnérabilité restent élevés. Les critères d’éligibilité pour le ciblage ont été définis, en consultation avec les réfugiés, et les réfugiés ont été classés en trois groupes.

Les réfugiés considérés comme très vulnérables et les plus nécessiteux qui peuvent recevoir une ration complète d’aide alimentaire. Ceux qui sont moins vulnérables mais qui ont tout de même besoin d’une aide alimentaire, peuvent recevoir la moitié d’une ration complète. Et les réfugiés considérés comme les moins vulnérables, ne pourront plus recevoir d’assistance alimentaire, en cas d’absence de fonds.
Vers une stratégie renforcée de moyens de subsistance et d’inclusion économique

Toutefois le ciblage ne s’applique qu’à l’aide alimentaire, précisent le PAM et le HCR. Tous les réfugiés, y compris ceux du groupe le moins vulnérable, continueront à recevoir d’autres aides des agences onusiennes, y compris de l’argent liquide pour des articles non alimentaires, l’accès à l’éducation et aux services de santé, des repas scolaires et une aide alimentaire supplémentaire pour traiter et prévenir la malnutrition.

Par ailleurs, en collaboration avec les autorités rwandaises, le HCR se lance dans une stratégie renforcée de moyens de subsistance et d’inclusion économique qui permettra d’accroître la résilience des réfugiés et des communautés d’accueil.

L’agence onusienne est convaincue qu’en investissant dans des programmes qui favorisent l’accès aux moyens de subsistance et aux opportunités économiques, la scolarisation et l’accès à la terre et aux services financiers, une partie de la population réfugiée sera en mesure d’améliorer ses moyens de subsistance et de subvenir à ses besoins.

« Je suis convaincu que les partenaires du développement fourniront des ressources supplémentaires pour soutenir les programmes ciblant les réfugiés et les communautés d’accueil en vue de solutions plus durables », a conclu M. Fall.

Selon des données du HCR de mars dernier, près de 138.000 réfugiés sont accueillis au Rwanda. Ils sont originaires principalement de la République démocratique du Congo et du Burundi.