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Togo - Les « vraies » revendications des enseignants du supérieur

Togo - Education
Les enseignants du supérieur membres du Syndicat de l’Enseignement Supérieur du Togo (SEST) ne décolèrent pas. Ils n’ont pas du tout apprécié le fait qu’on a rendu publique leur grille salariale. En Assemblée Générale vendredi sur le campus de Lomé, ils ont manifesté leur mécontentement. Pour eux, la publication de cette grille n’est qu’une manœuvre de leur « collègue » Dodzi Kokoroko pour détourner l’attention de l’opinion sur le « vrai problème ».
En réalité, les enseignants du supérieur ne demandent pas une augmentation de salaire. Hier vendredi, c’était sous les arbres, derrière l’amphi 600, que ces enseignants chercheurs, doyens de facultés, professeurs et professeurs titulaires ont tenu leur meeting. Leur demande d’organiser cette Assemblée Générale dans l’enceinte de l’amphi 600 leur a été refusée. Ils n’ont trouvé mieux que de rester debout sous les arbres pour peaufiner leur « plan d’attaque pour rétablir la vérité ». Il était question de trouver des « stratégies pour la riposte », c’est-à-dire proposer des pistes de solutions pour contrer la « campagne de dénigrement » lancée à leur encontre par leur « collègue » Prof. Dodzi Kokoroko, président de l’Université de Lomé.

A en croire ces universitaires, contrairement à ce que Dodzi Kokoroko voulait faire croire, ils n’ont jamais demandé une augmentation. « Nous ne demandons pas une augmente de salaires », a lâché Dr. Ayi Difa Hounsi, Secrétaire Général du SEST.

Et d’ajouter : « Sur la question être bien payé, je dois dire que ce n’est pas nous les enseignants des Universités publiques du pays qui fixent les salaires. C’est l’État qui définit les salaires pour toutes les corporations. Donc si l’État a décidé de nous payer ce salaire, nous ne pouvons pas dire que nous sommes bien payés. Peut être que nous le méritons. L’AG de ce matin, c’est pour discuter entre nous pour rétablir la vérité. La campagne de désinformations lancée contre nous a pour objectif de nous traiter de cupide. Les gens ont l’impression qu’on est trop bien payé et qu’on continue de réclamer une augmentation. Ce qui est archi-faux. Je veux encore rappeler que depuis 2012 jusqu’à aujourd’hui, aucun enseignant du supérieur n’a réclamé une augmentation de salaires. De 2012 jusqu’à ce jour, nous n’avons demandé aucune augmentation de salaire ».

Selon cet enseignant chercheur à la Faculté des Sciences de l'Université de Lomé, les velléités et revendications qui ont eu cours jusqu’à aujourd’hui ont juste pour objectif d’obtenir ce qui leur revient de droit : leurs arriérés de salaire.

« Effectivement le 3 novembre 2011, nous avons signé un accord avec l’État togolais, qui a créé le corps des enseignants du supérieur et en ce moment il y a une grille qui a été adoptée, et les salaires des supérieurs ont été définis. Avant cette grille, il y avait un salaire pour les enseignants supérieurs, mais avec cette nouvelle grille, on a un nouveau salaire. Mais il y a un gap entre l’ancien salaire et le nouveau défini par la grille. A l’époque, l’écart a été si important que l’État, n’ayant pas les moyens, a décidé de ne pas payer la totalité de ce salaire aux enseignants. L’État a décidé d’aller palier par palier. C’est comme cela que ces différences ont été évaluées en termes de 100%. Et l’État échelonnait progressivement ces différences-là. Donc en 2011, on a un pourcentage qui a été accordé, en 2015 un pourcentage a été accordé, en 2018 un pourcentage a été accordé, et le dernier a été accordé en 2019. En gros, c’est à compter de 2019 que l’État à commencer par verser la totalité du nouveau salaire aux enseignants. Ce qu’on nous paye à partir de 2019, c’est ce qu’on devrait nous payer normalement à partir de 2012. Donc nous ne demandons pas qu’on augmente nos salaires », a expliqué Dr. Ayi Difa Hounsi.

« Aujourd'hui, poursuit-il, ce qui explique les divergences qui ont eu lieu, c’est qu’en 2019, lorsque nous signions les derniers accords avec le gouvernement pour solder les reliquats, il reste à l’époque 15 % sur la différence salariale et 25 % en termes de primes et indemnités. Donc quand nous étions entrés en négociation avec le gouvernement, nous avions fait les calculs, et l’argent restant que le gouvernement nous devait s’élevait à environ 1 milliard cent onze millions de francs CFA. Donc à la fin de la discussion, l’État s’est engagé à liquider ce reliquat-là en deux tranches. Une avant la fin de l’année 2019, une autre dans le courant de 2020 ».

Selon lui, l’État a honoré son engagement et a versé la première tranche en 2019 et la deuxième tranche a été versée en 2020. Seulement, les deux tranches versées par le gouvernement ne sont pas entièrement reversées sur leur salaire.

« Nous ne savons pas comment l’administration universitaire est en train de gérer nos arriérés, c’est pourquoi nous demandons que la lumière soit faite. Nous ne comprenons pas la position de l’administration universitaire face à la gestion des tranches qui ont été accordées par le gouvernement, d’autant plus qu’en novembre et décembre 2019, l’administration universitaire a reçu la totalité de nos reliquats. Et janvier 2020, elle nous proposait de rabaisser nos salaires pour pouvoir payer nos arriérés. Nous ne savons pas réellement ce qui empêche l’administration universitaire de reverser le reste de nos arriérés sur nos salaires », a indiqué le SG du SEST.

Ces enseignants qui ne réclament que leurs arriérés de salaires, veulent bien comprendre le double jeu de leur « collègue » Prof. Dodzi Kokoroko. « Il faut vraiment que la lumière soit faite sur cette affaire. C’est vraiment hors sujet de rendre publics nos salaires. Il veut détourner l’attention des gens sur le vrai problème. Où est passé notre argent ? Il faut qu’il nous dise la vérité », a lancé l’un des enseignants hier vendredi lors de l’AG.

Le SEST compte appuyer sur l’accélérateur, si rien n’est fait d’ici janvier.

Godfrey Akpa