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DE QUOI SALVA KIIR ET LE SUD SOUDAN SONT-ILS LE NOM?

Afrique - Politique
Depuis que, le 15 décembre 2013, la guerre a éclaté entre Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar accusé de fomenter un coup d'État, les massacres vont crescendo, dans une grande indifférence des africains. Les africains n’étant pas encore devenu UN peuple, ils ne se sentent que trop peu concernés par ce qui arrive à leurs voisins immédiats. D’ailleurs, ils se sentent, selon ce qu’ils appellent eux-mêmes pompeusement leur langue officielle, plus concernés par ce qui se déroule à Paris, à Londres, à Lisbonne, à Washington…que par ce les différentes situations vécues à Accra, à Bamako, à Conakry, à Windhoek ou à Maseru. Encore que dans un même territoire africain, la capitale et les autres soi-disant villes ou villages ne se sentent que peu concernées par la vie dans les villages voisins ou dans d’autres régions. La colonisation est non seulement passée par là, mais surtout elle est toujours en cours. Quant aux observateurs - ces « experts » qui voient tout ce qui se passe en Afrique par la lorgnette de « conflits ethniques » – ils disent que cette guerre tourne en massacres inter-ethniques entre Dinka et Nuer, tribus respectives des deux hommes. C'est trop court comme explication.
L'enjeu pétrolier qui a créé ce fameux 54ème « Etat africain » qu’est le Soudan du Sud en 2011 demeure la clé de compréhension des ennuis actuels de ce territoire. Nous l'écrivions début janvier 2012: ce territoire, une injure en soi pour l'Afrique, était condamnée dès l'origine.

Relisons l'analyse que nous avions faite le 3 janvier 2012.

L’année 2011 avait montré par trois (03) évènements extraordinairement dramatiques - mais diversement appréciés comme c’est toujours le cas chez les africains qui ont une conception très relative de leurs intérêts - où en est l’Afrique et ce que les africains doivent faire s’ils espèrent reprendre le contrôle de leur espace qui leur a échappé depuis si longtemps.

Le premier de ces tragi-comédies, c’est la naissance du fameux 54ème Etat africain : le Sud Soudan ou Soudan du Sud, on ne sait pas exactement. Ce soi-disant nouvel Etat vient rajouter au désordre africain un élément malade supplémentaire. A l'extraversion globale de l'Afrique un pion de plus est ainsi édifié. C'est du morcellement apporté au morcellement tandis que d’autres parties du monde se regroupent dans de grands ensembles géographico-idéologiques pour pouvoir faire face aux défis fixés par les uns et aux difficultés suscitées par d’autres.

Les 53 proto-Etats, des constructions coloniales depuis les terres allemandes lors de la « conférence africaine de Berlin 1884-1885 », totalement extravertis ont pour mission de fournir aux industries des pays occidentaux auxquelles viennent s’ajouter celles des pays dits émergents des matières premières d’une part, et d’autre part de débouchés pour leurs produits finis. Le Sud Soudan ou le Soudan du Sud ne déroge pas à cette règle. Ceux qui sont à la base de sa création ont, pour obtenir le consentement des uns ou l'indifférence des autres, élevé au rang de génocide un conflit violent qu’ils ont pris le soin d’attiser au Soudan depuis son origine. Ces "créateurs d’Etat" ce sont les Etats-Unis d’Amérique et Israël avec leurs cousins européens qui n’ont cessé de voir en ce qui se passe au Soudan une guerre qui oppose les (gentils) chrétiens et les (méchants) musulmans. Ils ont mobilisé des ONG (oui les fameuses ONG !), des stars de cinéma, des artistes de la chanson, des sportifs et que savons-nous encore pour pouvoir atteindre l’objectif de la partition du Soudan, un Etat qui n’en était pas plus que les autres sur le continent africain. Les mêmes avaient mobilisé la machine politique qu’est la Cour Pénale Internationale (CPI) pour presser le président soudanais, Al Béchir afin de lui faire lâcher le morceau. Menacé par un mandat d’arrêt international, Béchir finit par conclure un accord avec toutes les parties sacrifiant ainsi le Soudan sur l’autel de son fauteuil tout en sauvegardant les intérêts pétroliers des deux lions qui se battent dans les champs pétrolifères soudanais à savoir la Chine et les USA/Occident.


Cette nouvelle satrapie dénommée Sud Soudan/Soudan du Sud ne va nulle part. Les populations qui ont été entraînées dans cette nouvelle aventure avec des pions qui soi-disant la conduisent s'apercevront, si ça n'est d'ailleurs pas le cas aujourd'hui, qu'on s'est servi d'eux pour des objectifs qui n'ont rien à avoir avec leur misère et leur fameuse vie de chrétiens pourchassés. Le Sud Soudan montre une telle soumission à ses créateurs que ceux qui soi-disant le dirigent ne jurent que par leurs noms. C’est ce que démontre le dernier voyage de Salva Kiir en Israël, l'un des tout premiers à le reconnaître, qui s’est dit prêt, après des années de soutien militaro-diplomatique et médiatico-financier à la guerre aux côtés de ces guerriers ayant troqué l’uniforme contre des costumes, à veiller sur les premiers pas de ce nouveau-né chrétien.

Dans un texte dans lequel nous pointions en janvier 2010 les faiblesses que l’Afrique traîne et qui certainement conduiront les africains de nouveau dans les chaines, nous écrivions ceci : « ces énormes faiblesses, si elles ne sont pas vite prises en main, conduiront à coup sûr les autres à remettre notre peuple dans les fers. Que ce soit avec les anciens maîtres ou les nouvelles puissances, la tendance montrent déjà où ces faiblesses vont entraîner l'Afrique. Déjà, les proto-Etats africains, construits et partagés entre les puissances du moment à Berlin en 1885, n'ont rien pu faire face aux mêmes prédateurs qui viennent de créer un sous-Etat au Sud-Soudan à la suite de ce qu'ils nomment un « référendum d'autodétermination » avec une claire intention de mettre la main sur le pétrole de ce foutu 54ème « Etat » africain. La création ce pseudo Etat « chrétien » sud-soudanais en plein 21èmesiècle, dans une indifférence absolue des Africains, est la preuve que le moment venu, nous serons avalés tout rond, tant l'écart semble gigantesque entre nos prédateurs et nous. Raison de plus pour que notre peuple comprenne enfin où ses faiblesses le drainent, alors même que n'importe qui peut venir en Afrique et imposer sa loi comme bon lui semble. Aucun peuple ne tolère que son espace soit pénétré par les autres, sans qu'il maitrise la situation. Les Africains eux, n'ayant aucune prise sur leur espace, sont complètement contrôlés par des puissances externes qui, envahissant leur espace, deviennent ainsi les vrais maîtres de la situation. »

En 2011 donc, on a réussi au Soudan ce qui avait, 30 ans plus tôt, échoué au Nigeria avec la tentative de sécession du Biafra qui fut délibérément plongé dans un conflit massivement meurtrier. On avait crié également au génocide avec les "french doctors" qui vendaient la nécessité d'offrir un Etat aux chrétiens du Nigeria poursuivis par les musulmans. La solution à ce "génocide" fut matérialisée par un accord sur le partage du pétrole du Nigeria le 12 janvier 1970 à l'hôtel Crillon, place de la Concorde à Paris[2] entre d'un côté les compagnies pétrolières anglo-hollando-américaines d'une part et les compagnies françaises d'autre part. Au Soudan, les africains n'ont vu que du feu: un "Etat" est créé." 

Mis à jour le 06 janvier 2015

KPOGLI Komla, 
Tiré de: Afrique: la photographie que 2011 a renvoyée aux africains. 
03 janvier 2012.