Version mobile  | LOMECHRONO.COM | AZIZO.NET  | ICIBENIN.COM  | AFRICAHOTNEWS.COM   
 1:17:24 AM Vendredi, 25 Mai 2018 | 
Actualité  |  Immobilier  |  Annonces classées  |  Boutique  |  Forums  |  Annuaire  |  Rencontres  |  Videos  |  Photos 
HOME
Actualité Togo  |  Bénin  |  Maghreb  |  Afrique de l'Ouest  |  Afrique Centrale  |  Afrique de l'Est  |  Afrique Australe  |  Ocean Indien  |  International

Togo Peut-on critiquer l’opposition togolaise sans la fragiliser ?


opinions

iciLome | | 1 Commentaires |Imprimer Lu : 301 fois


« Plus on vous critiquera, plus vous devez vous faire admirer. » Henri-Frédéric Amiel, 1878.

Décembre 1998, gare routière de Sokodé. Alors que nous nous préparons à monter dans un minibus à destination de Lomé, une bagarre éclate à une centaine de mètres de nous. Toute une foule se précipite sur un malheureux, d’aucuns pour lui pointer des doigts à la figure, d’autres pour menacer de lui « faire grève », c’est-à-dire s’en prendre à ses biens. J’apprendrai plus tard que tous ces hommes en colère reprochaient au monsieur d’une quarantaine d’années d’avoir...critiqué Gilchrist Olympio.

Au moment des faits, le Togo était alors en pleine crise post-électorale, six mois après la présidentielle de 1998 au cours de laquelle le tandem Seyi Mémène - Gnassingbé Eyadéma avait opéré un coup d’État électoral, privant Gilchrist Olympio de son unique victoire électorale de l’histoire du Togo. En retour, Gilchrist avait promis mener une « guérilla politique » contre Eyadema.

Aujourd’hui, vingt ans après, nous sommes dans une crise de même ampleur, avec le même régime et son refus du changement, avec (presque) les mêmes acteurs politiques et leurs partisans, et avec le même peuple tourmenté et assoiffé de changement. Comme en 1998, la critique contre les leaders de l’opposition semble une fois de plus diviser leurs partisans.

La présente réflexion ne pose pas la question du droit qu’on aurait ou pas de critiquer l’opposition : c’est bien un droit. Ce n’est pas non plus une question de si l’on peut critiquer l’opposition. Bien sûr qu’on le peut. Après tout cette opposition n’est constituée que d’êtres humains comme vous et moi. La question est plutôt celle-ci : est-il opportun de critiquer l’opposition togolaise sans la fragiliser face au régime autocratique de Lomé ? C’est donc l’opportunité de la critique qui suscite des réactions diverses que je voudrais résumer ici.

Généralement lorsque quelqu’un émet une ou des critiques envers un leader ou envers la coalition dans son ensemble, les réactions de ceux qui rejettent cette critique consistent à peu près en trois déclarations : 1) Ce n’est pas facile d’être un opposant au régime togolais. 2) Les opposants font ce qu’ils peuvent. 4) Si vous n’êtes pas satisfait avec ce que fait l’opposition, vous aussi allez prendre les devants.

Les deux premières affirmations sont tout à fait vraies tant la dictature militaire togolaise est l’une des plus féroces de la planète, et les opposants togolais sont parmi les moins nantis. Mais il n’y a rien de plus ridicule que la dernière affirmation : il y a actuellement 14 personnes qui sont «au-devant de la lutte ». Si chaque personne qui critique venait s’ajouter aux 14, ce ne serait plus une coalition, mais une foule. À moins que prendre les devants ait toute une autre signification.

Pour ne pas faire long, tous ceux qui rejettent la moindre critique contre la coalition rendraient un grand service à notre lutte en réfléchissant au sort de deux figures marquantes de l’histoire politique du Togo depuis 1963 : Gnassingbé Eyadéma et Gilchrist Olympio.

Pendant un quart de siècle (1967 - 1990) toute critique envers Eyadéma était proscrite, interdite et sévèrement réprimée car interprétée comme une trahison contre l’homme qui aurait vaincu les ennemis du Togo à Sarakawa. Cela avait amené ses proches, ses amis et sûrement lui-même à penser qu’il était populaire ; ils ont dû déchanter après le 5 octobre 1990 et s’en sont mordus les doigts.

Pendant 19 ans (1991 - 2010), parmi les partisans de l’opposition, toute critique envers Gilchrist Olympio, même au moment où il le fallait, avait été combattue par ses proches et admirateurs, ce qui avait amené le monsieur à croire qu’il pouvait éternellement nous mener en bateau. Étant isolé contre toute critique y compris celles qui pouvaient lui éviter des faux-pas, il avait fini par penser que les Togolais accepteraient tous ses caprices. Ce fut une « erreur de gaouwa », comme disent les Ivoiriens. On connaît la suite.

Au regard de ces deux exemples, il faut retenir qu’à force d’étouffer quelques critiques au nom d’un certain égo, il arrivera un moment où on n’aura que des critiques à gérer à longueur de journée. Rien ne justifie l’accusation selon laquelle ceux qui critiquent les opposants cherchent à les fragiliser. C’est bien le contraire, tout homme qui n’attend que des flatteries ne s’améliorera sûrement pas. Critiquer les actes posés par la coalition, ce n’est pas la fragiliser, c’est empêcher qu’un nouveau Eyadema ou un nouveau Gilchrist n’émerge dans ses rangs. Les Togolais ont trop souffert par la faute de ces deux-là.

Il appartient à la coalition de se structurer afin d’être à l’écoute aussi bien des flatteurs que des critiques. Dix mois après sa création, il est difficile de croire que la coalition ne dispose pas encore de mécanisme structuré devant lui permettre de montrer au monde qu’elle est attentive et réactive aux critiques. Est-ce une critique ? Oui, c’est la mienne, et j’espère qu’elle ne fragilisera pas la coalition. À tous ceux qui seraient tentés de réagir en m’invitant à prendre « moi aussi » les devants de la lutte, ne vous gênez pas : 14 leaders c’est largement suffisant pour la victoire. Pour peu qu’on accepte de leur demander de regarder dans le rétroviseur.

Le 19 août a surpris le régime parce qu’il était resté sourd aux critiques. Si la coalition emprunte le même chemin, elle court le risque d’un 19 août dans ses propres rangs. Et ce serait dommage pour notre lutte.


Ben Yaya,
New York, 13 mai 2018

L'AUTEUR
Ben Yaya
New York



Autres titres

Togo pour une transition sans faure gnassingbé : opter pour un cadre élargi de concertation avec la diaspora plurielle et indépendante 
Togo révolution togolaise :le tour de garde/ le temps de la cohérence 
Togo traduction du "dictateur" 
Plus de nouvelles






Commentaire
Pseudo
Répondre à intervenant :
Numéro de contrôle
Saisir le numéro de contrôle



 1   L'AVEUGLE | Mercredi, 16 Mai 2018  - 20:14
  LES ARGUMENTS DE LA CONSTITUTION DE 1992.

On dira ce qu'on veut mais la Conférence nationale souveraine a donné le tournant qu'elle pouvait à la marche du Togo. Conduite dans l'enthousiasme et même l'excès de patriotisme par des forces vives avides de changement, elle a inspiré puis accouché une Constitution qui ne pouvait qu'être plébiscitée à la soviétique. On aurait pu arrondir à 100% de Oui que personne n'aurait crié à la forfaiture. Il n'y avait aucun doute sur la droiture du processus référendaire. Les Forces du changement tenaient les rênes du pays au grand jour. En aucun cas nul ne pouvait effectuer plus de deux mandats. C'était gravé dans le marbre. Et pourtant !

L'élection présidentielle qui suit immédiatement, voit la candidature d'Eyadema acceptée avec la bénédiction de la fameuse phrase fétiche qui devait l'éjecter de la course.
Mieux, son score laisse penser que les mêmes Forces du changement ont préféré voter pour lui, pour un changement mais avec la continuité... Le togolais n'était pas contre la rétroactivité immédiate. Il voulait seulement attendre que l'euphorie passe. Il sera toujours temps de voir ce qu'on en fait. Ce peuple qui s'est doté d'une Constitution dégagiste a aussi préféré une longévité supplémentaire pour son bien-aimé Président.

27 ans après ce combat héroïque, on demande à ce peuple de bien vouloir reprendre dans sa version originelle, cette idyllique Constitution qui n'a pas fait ce qu'une minorité attendait secrètement d'elle, et n'a pu empêcher le toilettage de sa phrase incantatoire devenue obsolète. 27 ans après, si on veut bien croire les affirmations des Forces du changement rénovées (C14 ou G14), le peuple tient au retour de sa Constitution de 1992. C'est le même peuple et il devrait l'approuver avec la même ferveur et , normalement lui donner la même application. Sauf s'il s'avise de se poser la question épineuse : à quoi sert-il de ressusciter les mêmes causes pour espérer en tirer des effets différents ?

La réponse est toute faite dans ce cas, le vote n'aurait pour but que de lui faire explicitement enterrer à jamais cette constitution 92, bon sens oblige !!

Il faut être G14 pour s'accrocher mordicus à l'idée prometteuse que le peuple n'avait pas compris le sens de la rétroactivité ou que ça ne renforcerait pas la jurisprudence. Hélas même si c'est le cas, le peuple n'aurait d'autre choix que de donner un sens contraire à son vote pour obtenir l'effet inverse de ce qui s'était passé 27 ans plus tôt. J'espère que la C14 va se munir d'une bonne quantité d'aspirine pour tenter de comprendre ma sulfureuse démonstration.





TOUTE L'ACTUALITE
► POLITIQUE
► SPORTS
► SOCIETE
► ECONOMIE ET FINANCES

► Envoyez-nous vos contributions
Afrique : Toute l'Afrique
Afrique du Nord : Algérie   Maroc   Tunisie
Afrique de l'Ouest : Bénin   Burkina-Faso   Côte d'Ivoire   Ghana   Guinée   Mali  
Nigeria   Sénégal   Togo
Afrique Centrale : Burundi   Cameroun   Centrafrique (Rép)   Congo   Congo RDC   Gabon  
Rwanda   Tchad
ARTICLES LES PLUS RECENTS

© EXIN MEDIA. Contactez-nous. | Politique de vie privée | Partenaires
| | | | .
| Comparateur gratuit de rachat de credit sur rachat-credit-entre-particulier.com