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Togo Le 27 Avril, à feter dans l'allégresse.


opinions

iciLome | | 1 Commentaires |Imprimer Lu : 1715 fois

Dans beaucoup de pays, la fête de l’Indépendance ne pose pas de problème. Aucun doute ne s’insinue dans les esprits quand cet anniversaire survient. A une date de libération nationale, petits et grands, riches et pauvres, toute la population a le cœur à la fête et le manifeste.
Mais au Togo aujourd’hui, il n’en est pas de même. Certains sont réticents et ne veulent rien
célébrer; d’autres, comme contraints –et c’est le cas du régime actuel-, se contentent d’une célébration superficielle, et un troisième groupe fait sa fête dans son coin avec une grande joie.

Faut-il regretter cette situation ? Faut-il s’en étonner ? Des gens se désolent et ne comprennent rien à ce qu’ils considèrent comme un désordre ou un chaos propres au Togo. Et ils ont raison. Au Dahomey (Bénin), des trois principaux dirigeants d’alors (Apity, Ahomadégbé, Maga ), la France a préféré Maga à l’Indépendance, au Gabon, elle a mis Lèon M’Ba, en Côte d’Ivoire Houphouet-Boigny, au Sénégal Senghor, au Cameroun Ahidjo, bref, partout, ses hommes à elle, fidèles et dévoués à la France avant tout. Un Africain qui ignore ces choix ne peut que trouver la situation togolaise assez bizarre, et avec la meilleure intention, faire des recommandations erronées.
Alors, quelle est la singularité de ce petit pays qu’est le Togo à l’histoire mouvementée ?
Les racines des conduites actuelles ne viennent-elles pas du passé, un passé fort présent ? Quel est ce non-dit, cet informulé, cet élément insaisissable mais réel?
Il faut remonter dans l’Histoire.
En 1956, face à la montée en puissance des partis nationalistes ( CUT et JUVENTO ), le
système colonial décida de couper l’herbe sous les pieds de ces deux partis en accordant une « Indépendance », son indépendance, au Togo. Cette indépendance, vite baptisée avec ironie par la population Indépendance-Yombo (ou Indépendance-teinture noire), vise à accorder une indépendance fantoche ( président noir, drapeau et hymne nationaux ), tout en laissant la réalité de la souveraineté à la France ( Défense, diplomatie, monnaie, etc,).Mais, il y a un problème : l’ONU et son aval indispensable pour le TOGO sous tutelle. Pour convaincre cette organisation internationale à sa session de cette année décisive de 1957, la France débarqua à New-York une délégation massive comprenant entre autres Gaston Defferre, ministre des colonies, Houphouet-Boigny et Senghor, ministres du gouvernement français, Nicolas Grunitzsky et des membres de son gouvernement de la République Autonome du Togo, vite baptisé par raillerie dans la population Zotonomie-Zinterne. . Pour la France, la seule préoccupation en cette année 1957 à l’ONU, c’était le Togo et le Togo seul pour lequel il faut interdire une consultation électorale onusienne de la population et recevoir la bénédiction de l’organisation internationale pour la Zotonomie-Zinterne de Nicolas Grunitzsky. Par un travail de lobbying intense de la délégation du CUT et de la JUVENTO, le Conseil de Tutelle qui s’occupait des territoires supervisés n’arriva pas à se prononcer sur l’Indépendance fantoche : des 14 membres, un premier vote donna 7voix pour et 7 voix contre l’indépendance fantoche ; un second vote organisé plus tard donna encore le même score. Echec des efforts de la France. L’ONU dut se résoudre à décider de consulter le Peuple togolais par un vote, malgré toutes les tentatives de la France pour empêcher cette consultation.
Et ce fut le vote du 27 Avril 1958, largement remporté par le CUT et la JUVENTO (41 sièges contre 10 pour les partis fantoches et leurs alliés ).
Lisons Jean de Menton, haut fonctionnaire français présent au Togo de 1956 à 1961comme directeur de la Caisse Centrale de Coopération Economique : « Pour Paris, ce triomphe du CUT était une très mauvaise nouvelle. A nouveau, la France était bousculée outre-mer, et cette fois par les urnes [ N’oublions pas que nous sommes juste 4 ans après Dien-Bien-Phu et la fin de la Guerre d’Indochine, note de la rédaction]. Après tout ce que l’on avait fait pour lui, que ce petit Togo se montrait insupportable. ».

Echaudés par l’amère expérience togolaise, de Gaulle et son gouvernement feront tout pour refuser une consultation électorale au Cameroun et solliciteront l’appui du gouvernement américain du Président Dwight Eisenhower pour pousser l’ONU à accepter la Zotonomie-Zinterne Camerounaise avec Ahmadou Ahidjo à sa tête.

Sous la supervision de l’ONU, la France, à contre-cœur, dut faire appel aux partis nationalistes avec M. Sylvanus Olympio à leur tête, pour former le gouvernement qui allait conduire le Togo à l’Indépendance deux années plus tard le 27 AVRIL 1960.

Une INDEPENDANCE TOTALE bien différente de la « fausse indépendance », l’indépendance superficielle, cosmétique, trompeuse du Général de Gaulle.

Les obstacles rencontrés à l’ONU n’étaient rien à côté des manœuvres des Colons à l’intérieur du pays même: bastonnades, poursuites judiciaires, interdictions de réunion, réductions au chômage, affectations arbitraires, souvent dans des zones très reculées, interdiction d’une bonne partie du territoire (surtout le Nord ) aux partis indésirables, assassinats lors des réunions, blocages des trains lors des meetings nationalistes dans les villes de l’intérieur desservies, etc. Combien de Togolais se souviennent aujourd’hui que M. Sylvanus Olympio fut contraint à la démission de son poste de gérant d’Unilever à cause d’une intervention à la session de l’Assemblée Générale de l’ONUqui se tenait alors au Palais Chaillot à Paris en octobre 1950, session où il posa la question de l’indépendance du Togo ? Combien se souviennent qu’il quitta cet enviable poste à la tête de cette grosse compagnie commerciale pour se voir réduit au chômage de 1951 jusqu’en 1958 ?

Non ! L’Indépendance du Togo n’a rien à voir avec les indépendances gaullistes de 1960. Quand le Togo était sur la pente conduisant à la souveraineté internationale, Charles de Gaulle ne savait pas encore qu’il allait revenir au pouvoir dans les turbulences de la Guerre d’Algérie.

Donc, en commémoration de la lutte et des sacrifices de nos pères et de nos aînés,
le 27 Avril 1958 conduisant au 27 Avril 1960 doit être célébré avec une grande joie, dans l’allégresse.

Allégresse ? Allégresse malgré tout ce que le pays a connu et malgré les temps présents ? Oui, allégresse ! Les épreuves d’aujourd’hui ne sauraient faire oublier un passé héroïque et la VICTOIRE ECLATANTE que fut la proclamation de l’Indépendance le 27 AVRIL 1960.
Cette commémoration ne nous empêche nullement de rester lucides et de retenir que cette indépendance acquise de haute lutte fut perdue moins de trois plus tard avec l’assassinat organisé par les Colons du premier président. A partir de janvier 1963, la « fausse indépendance » ou indépendance Anasara ( Président Noir mais Cerveau Blanc) s’empara du Togo et accoucha du Togo ruiné, appauvri, plus misérable qu’il ne l’était avant que l’aventure de l’Indépendance ne commençât.
Un homme des Colons passa plusieurs décennies à la tête du pays. Cohérent dans sa pensée et très dévoué à ses maîtres, il supprima la commémoration du 27 avril 1960, et l’hymne national originel ; il allait détruire aussi le monument de l’Indépendance ( logique, n’est-ce pas ?) si un conseil présidentiel extérieur ne l’avait retenu. Les élections dans le pays ? Il n’en avait gagné aucune et à sa mort, il fut remplacé par un de ses nombreux fils, comme dans une bonne monarchie.
Oui ! tout cela doit être su pour comprendre l’état du Togo actuel.




Que faire ? Que pouvons-nous faire ?

Indépendance Totale = Liberté mais les hommes de l’indépendance fantoche gèrent le pays au profit de puissances extérieures et d’une minorité sans rendre des comptes, contrairement à la pratique dans les républiques à démocratie vivante.
Seul le réveil du Peuple conscientisé et organisé peut sauver la situation et permettre l’amélioration du niveau de vie. Le Peuple réveillé, et réclamant ses droits, voilà la voie du salut. Qu’est-ce à dire ?
 Les jeunes au chômage s’organisent et assez régulièrement vont au ministère du Travail « saluer » le ministre par une délégation massive ;
 Les malades écrivent au Ministre de la Santé et publient dans un jardin ou sur un mur leurs correspondances sur leurs appréciations des soins et des hôpitaux ;
 Les femmes qui vont accoucher à l’hôpital publient l’état des lieux dans un jardin public ou sur un mur ;
 Les établissements scolaires en mauvais état ( classes surchargées, bancs manquants, matériels scolaires, etc, ) : les parents s’organisent et se manifestent ;
 Les diplômés-chômeurs ne disparaissent pas dans la nature, ils se font entendre ;
 Les transporteurs payent les taxes mais les routes sont toujours délabrées, une délégation massive va « saluer» le ministre des travaux publics ;
 Qui contrôlait la Caisse Nationale de Sécurité Sociale ? Pourquoi les pensions n’évoluent- elles pas avec le coût de la vie ? Comment expliquer la passivité des bénéficiaires
eux-mêmes face à la cherté de la vie ? La gestion de cette caisse à directeur(s) inamovible(s) n’est-elle pas un scandale public ?

Soulignons-le : depuis 1963, le Togo est tombé dans les griffes du néo-colonialisme ( un colonialisme-nouveau-style où les influences politique, économique, monétaire,diplomatique, etc, de l’ancienne puissance colonisatrice demeurent prépondérantes ), système perverti en 1967 en quelque chose de pire : le néo-colonialisme armé ethnicisé ou son avatar. Ce que vit le Togo n’a rien d’incompréhensible ou d’exceptionnel. Bien de « fausses indépendances » francophones vivent des cas similaires Il n’est point besoin de recourir à des explications métaphysiques ou mystiques ( sorcellerie, jalousie trop prononcées chez les Togolais, dette des ancêtres, etc, ) pour comprendre l’évolution du Togo. Peut-être que certains Colons, secoués par le vote du 27 Avril 1958, ne trouveraient pas d’inconvénient que le Togo suive la voie d’Haïti, pays qui, suite à une brillante victoire militaire sur les troupes napoléoniennes, obtint l’indépendance en 1804 mais passa ensuite deux siècles sans aucun progrès social notable. .

Même dans les conditions difficiles, l’Indépendance acquise de haute lutte au Togo peut garder un sens avec une société civile active défendant ses droits et poussant les gouvernants de légitimité douteuse à ne pas oublier le Peuple.

ABLODE GBADZA
John Semuha
Association des Togolais Libres ( ATOL)
jsemuha@free.fr.
10 Mai 2017





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 1   John Semuha | Lundi, 29 Mai 2017  - 10:27
  De John Semuha, auteur de l'article:
Erratum:
Au lieu de: en cette année décisive de 1957 mettre en cette année décisive de 1956. Merci J.Semuha.


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