Actualité  |  Immobilier  |  Annonces classées  |  Boutique  |  Forums  |  Annuaire  |  Rencontres  |  Videos  |  Photos 
HOME
Actualité Togo  |  Bénin  |  Maghreb  |  Afrique de l'Ouest  |  Afrique Centrale  |  Afrique de l'Est  |  Afrique Australe  |  Ocean Indien  |  International

Togo LA GÉNÈNE DE KLATCHA A (Récit romancé, suite)


opinions

iciLome | | 24 Commentaires |Imprimer Lu : 3031 fois

« L’ironie est comme un acrobate qui se livre à des rétablissements vertigineux au bord de la crédulité et ne tient, en bon funambule, que par la précision de ses réflexes et par le mouvement. L’ironie est donc une demi-gnose crépusculaire et ambiguë d’un objet en clair-obscur, l’ironie est au contraire un savoir extra-lucide, et si maître de soi qu’il se rend coupable de jouer avec l’erreur, comme l’Ulysse de l’Hippias mineur est si renseigné sur le vrai qu’a fortiori il peut dire le faux. » Vladimir Jankélévitch, L’Ironie, éd. Champs Flammarion, 1964, p.59

Pour notre fête, je veux dire celle de la « Libération » elle avait vraiment un sens aux yeux des héros dont l’acte lui avait donné naissance.
Si la France qu’ils avaient servie avec bravoure et loyauté, La France, « Force bonté », pour emprunter le titre du roman présenté comme l’œuvre d’un tirailleur sénégalais, Bakary Diallo, publiée en 1926, la France, leur modèle, la France qu’ils avaient chantée comme leur « Mère-Patrie », a son 14 Juillet, la France des « Chevaliers de la Table ronde », maintenant qu’ils sont devenus les maîtres du Togo, pourquoi n’auraient-ils pas leur 13 Janvier, à eux, les héros du jour, pourquoi « ne goûteraient-ils pas voir si le vin de la fête est bon » et ne s’en soûleraient-ils pas? Qui les en empêcherait ? Remplacer la bière de mil traditionnelle quotidienne ou le verre de sodabi ou encore le vin de palme par un vrai Bordeaux…ou autre vin de France, ou au moins par de la bière moderne, bien fraîche qui coule à flots, cela ne leur est pas interdit. Pour ceux qui mangeaient à peine chaque jour une sauce de fretins, avoir au moins une fois par semaine du poulet et de la viande de bœuf dans la marmite, ne doit plus relever du rêve désormais. Qu’à la « table ronde » de ce jour de Libération, l’on donne vraiment libre cours à toutes les orgies…que non seulement les boissons de toutes sortes y coulent en abondance, mais aussi que de gros morceaux bien graisseux de viande de bœuf, mouton, poulets, pintades et gibier, il ne faut pas oublier le gibier ( biche, sanglier, buffle, baleine…) car nous sommes de braves chasseurs devant l’Éternel, y débordent des assiettes avec force riz…-Un peu de salade, Messieurs, en entrée pour bien imiter les Français ? -Salade ? En tout cas on n’est pas des moutons. Nous, on veut manger de la bonne viande et casser des os ! Vous savez, en France, dans l’armée, quand on mangeait et qu’il y avait de bons os qu’on pourrait casser, on n’osait pas quand il y avait des Blancs autour de nous. Ils nous regardaient comme on regarde un spectacle ! On dirait qu’ils se moquaient de nous. Mais, ici, on va bien casser des os. Salade ? Si cela intéresse quelqu’un. L’essentiel, c’est que nous sortions de cette table ronde en nous tapant sur le ventre, que nous rotions longuement et que nous criions en agitant les bras levés en l’air en signe de satisfaction et de victoire sur notre misère quotidienne : « Aujourd’hui, c’est mon jour de Libération, car j’ai bien mangé et bien bu comme jamais je n’ai pu le faire les autres jours de l’année! ». Mais, la dénomination ? Ils l’ont trouvée. Ou plutôt, on la leur avait trouvée, quelque part, dans l’un des tiroirs d’une ambassade comme beaucoup de dénominations, projets, titres.... « Hé, les gars, libérez-vous du joug du Portugais orgueilleux et arrogant ! ».
Il est vrai que Sylvanus Olympio, refusant de les intégrer dans l’armée togolaise en formation, ce qui leur aurait permis d’avoir la certitude du pain de chaque jour, les avait jetés dans l’inquiétude permanente, dans une sorte de désarroi, eux qui n’ont appris aucun autre métier, ne sauraient même pas redevenir paysans. En fait, la situation n’était pas particulière au Togo. On pouvait la retrouver à peu près semblable dans toutes les colonies qui avaient fourni des contingents d’hommes, souvent non scolarisés et sans métier autre que celui de l’agriculture, arrachés à leur terre, pour aller, fusil à l’épaule et sac au dos, « libérer la Mère-Patrie ». Une figure de fiction, dans la pièce de théâtre de l’auteur béninois Jean Pliya, résume bien leur état et leur préoccupation, dans une scène où un ancien combattant était allé chercher un emploi dans un bureau :
« Le militaire : Depuis démobilisation moi rien faire, moi chômage complet…Moi ancien combattant, croix de guerre…Je connais beaucoup travailler…moi cuisinier dans cantine armée…moi laver chemise du Colonel…Quand je porte képi moi grand quelqu’un…Quand dernier zhabit pour moi va déchirer, je foutu complètement…Moi, ancien d’Indochine, médaille militaire, moi pas paysan. » ( Jean Pliya, La Secrétaire particulière, éd. CLE Yaoundé 1973, Acte II, Scène V). Pas de commentaire, mais l’angoisse existentielle des militaires démobilisés, n’est-elle pas suffisamment clairement exprimée dans ce morceau choisi ?
Olympio avait dû conseiller aux militaires démobilisés de retour au Togo, de redevenir paysans comme ils l’avaient été avant leur recrutement pour aller libérer la « Mère-Patrie » de l’occupation nazie. Il est vrai que certains de ces militaires démobilisés avaient tenté de s’établir à leurs propres comptes, par exemple en devenant propriétaires de moulins à maïs, mais cela n’avait pas marché comme souhaité. D’une façon générale, vous avez leur réponse à travers les propos du militaire de Jean Pliya.

C’est un officier supérieur, commandant ou colonel, de surcroit français, c’est-à-dire semblable à celui dont le militaire de Jean Pliya lavait les chemises, qui avait dit aux démobilisés togolais de se libérer du « Portugais ». C’était un ordre ! Et ce n’était pas seulement un ordre. Il y avait aussi une récompense financière. On parlait, on parle encore de 350.000 CFA.

Ils étaient tous bruyants et agités, leurs yeux brillaient, non seulement en pensant à l’argent, mais aussi d’abord par leur désir ardent de plaire au commandant, de se montrer à la hauteur parce que, à leurs yeux, le commandant représentait la grande France. Assis sur des chaises en face du commandant, ils écoutaient poliment ses instructions et acquiesçaient régulièrement, secouant la tête. Et souriant dans son fauteuil pivotant le commandant les observait : deux ou trois d’entre eux étaient dans une tenue militaire kaki à peu près correcte, mais la plupart était en débraillé ; deux ne portaient pour toutes chaussures que des sandalettes en plastique. Chacun voulait prendre la parole pour montrer de quoi il était capable. La rivalité entre Ro et Et était facile à deviner. Visiblement, Ro méprisait Et dans ses prétentions et arborait une petite moue dubitative et ironique quand ce dernier parlait. Le commandant, en fin psychologue, savait jouer de cette situation. À mots à peine couverts, il faisait comprendre à Et que s’il ne se dépêchait pas d’exécuter l’ordre, c’est Ro qui gagnerait dans cette rivalité qui les opposait et que par conséquent, c’est lui qui empocherait la prime promise. Et, qui s’agitait le plus et voulait, avant tout être reconnu comme le chef, bousculant au besoin les autres, dit :

-Lui y en a fini, mon commandant.

-Oui, trois cent cinquante mille francs, les gars…et nous, je veux dire la France, on ne s’en mêle pas, hein ? Débrouillez-vous, les gars. Ce qu’on souhaite, c’est du travail bien fini. Est-ce que je me suis fait bien comprendre ?

-Moi bien comprendre, mon commandant. Fini travail et fini Portugais. Moi va descendit lui.

Le commandant, d’un regard scrutateur, fit le tour des visages en face de lui. Il s’appesantit un moment sur Em qui ne parlait pas beaucoup, mais pouvait jouer un rôle important et pouvait même prendre la tête du Comité qu’il envisageait déjà de créer si le coup réussissait. Adjudant-chef de l’infanterie, Em n’était certes pas le plus gradé du groupe, mais il y avait d’autres critères à prendre en compte dont le plus important était celui de l’appartenance tribale. Et sur ce plan, la tête du Comité pourrait échoir à l’un des trois hommes Em, Ro et Et. C’est finalement sur ce dernier que le commandant concentra son regard. Il lui sourit d’un air paternel, et comme en particulier lui dit :
- C’est bien. On peut te faire confiance. Je compte sur toi. Tu es un bon garçon.
Le commandant se leva. Ils comprirent que c’était la fin de la séance. Ils se levèrent promptement à leur tour et firent le salut militaire. L’atmosphère paraissait détendue. Et en profita pour dire, sur un ton blagueur : « Et, le commandant, il paie un pot, non ? »
Le commandant fronça les sourcils et le toisa :
« Le boulot d’abord, les gars ! » gronda-t-il.
Ils prirent un air boudeur.

Le commandant qui savait manier le bâton et la carotte, à l’égard de ceux qu’il considérait comme de grands enfants, se mit à rire, sortit son porte-monnaie, en tira quelques billets qu’il remit à Et, le bon garçon. Celui-ci rit à son tour, d’un rire de cheval et entonna : « Chevaliers de la table ronde ». Ses camarades reprirent en chœur.

Et le « bon garçon » va faire du bon travail de Libération avec ses compagnons! Ils vont même rivaliser de zèle, le bon garçon et certains de ses compagnons pour faire le travail de Libération qui leur est commandé par un commandant. Et tandis que les démobilisés s’en allaient klatcha ! klatcha ! klatcho ! klatcho ! kliya ! kliya ! accomplir leur œuvre de Libération, le commandant se frotta les mains et monologua : « Ce Portugais ne réalisera pas son projet de création d’une monnaie nationale, de sortir de la zone franc, de poursuivre son rêve d’une Afrique indépendante. Il voulait se rendre ce 13 janvier chez le Libérien Tubman. Quelle idée de fréquenter les anglophones, alors que nous avons donné en Afrique Occidentale française…le meilleur conseil qui soit, le Conseil de l’Entente parrainé par le bon père Houphouët avec la Côte d’Ivoire, le Dahomey, la Haute Volta et le Niger ? Demeurer dans la famille bien française, c’est ce qu’il leur faut. Mais, non ! Olympio ne veut pas. Il préfère s’acoquiner avec les sujets anglais, parce qu’il a été formé à Londres. D’ailleurs il parle anglais avec plus d’aise et plus de plaisir que français. Il parle même allemand et n’hésite pas à recourir aux Boches pour certains de ses projets. Cet Olympio a tout et va tout faire pour s’éloigner de la France. Heureusement qu’il existe une rivalité entre lui et Nkrumah pour le leadership dans la région et le Togo britannique. Bien sûr que nous jouons sur cette rivalité. Ah, ce sacré démon de Nkrumah ! Nous devons, bien sûr tout faire pour que son histoire d’indépendance totale, en particulier sa politique de création de la monnaie nationale échoue pour que son exemple n’entraîne pas les nôtres. On peut compter sur les Anglais. Pour le moment, nous avons besoin de le jouer Nkrumah contre Olympio. Chaque chose en son temps. En tout cas, on ne va pas se laisser faire… »

Son Excellence, qui venait de franchir l’entrée de l’Ambassade et se dirigeait vers son propre bureau, rencontra le commandant devant le sien.

-Ah, commandant, nos gens sont partis ?

-Excellence, ils viennent de partir.

-Allons dans votre bureau.

Le commandant ouvrit la porte capitonnée de son bureau et ils entrèrent tous les deux. Le commandant referma.

-Quel est l’état d’esprit ? demanda Son Excellence.

-Bon, je crois, Excellence.

-Finalement, lequel d’entre eux pourrait faire l’affaire ?

-Et me paraît le plus chaud. Il fait montre d’un appétit…vorace. Mais, il y a aussi Ro qui semble le talonner.

-Les tentatives avec Kl n’ont vraiment rien donné ?

-Kl, quoique le plus le gradé d’une tribu proche de la tribu majoritaire ne pourra pas s’imposer à la troupe. Vous savez, Excellence, nos gens ont, en matière de discrimination, des subtilités que nous ne connaissons pas : la région, le cercle, le canton, la langue, la ville, le village, le quartier, le clan, la famille…La seule chose qu’ils ignorent, c’est la notion de nation…

Son Excellence sourit, pivota sur ses talons : « Nation, pour en arriver à ce degré… ». Il marqua un silence, puis poursuivit : « Olympio a vu trop grand. Il a fait inscrire cette notion dans la pierre du monument de l’indépendance… ». Il fit une moue moqueuse : « La nation togolaise est née », comme s’il suffisait de graver dans la pierre... De toute façon, pour prendre en mains la politique de cet ancien territoire français, ces militaires illettrés ne font pas l’affaire. C’est entendu avec Houphouët. Évidemment, on ne peut rien cacher à notre ami Maga ; il est avec nous, il nous enverra quelqu’un. Grunitzky à Cotonou et Méatchi à Accra sont en réserve. Subtilités locales obligent. Bon, Sekou Touré va vociférer, comme d’habitude. Il va crier au complot de l’impérialisme international, du néo-colonialisme, à l’assassinat… Il ira jusqu’à clamer que l’Occident a un plan d’élimination de tous les leaders africains qui gênent ses intérêts comme Lumumba, le petit diable barbichu. Sekou Touré, c’est la voix qui crie dans le désert. Plus personne ne l’entend, depuis son isolement après son « Non à de Gaulle ».

La libération ! Comme celle de la France de l’occupation nazie. Certains d’entre eux peuvent même se vanter d’avoir contribué à cette libération. Mais, de quelle occupation libéreraient-ils, eux, le Togo ? De l’occupation portugaise, peut-être puisque l’homme qui présidait aux destinées du Togo et qu’ils venaient d’assassiner, porte un nom portugais ? En fait, comment sont les Portugais ? Blancs, noirs, rouges, verts… ? Avec leurs noms, ces gens-là ne peuvent être que des Portugais. En tout cas, pas comme ceux qui portent des noms authentiquement togolais. Alors, qu’importe la couleur de leur peau. Raison suffisante ! Ne dites pas que c’est trop court. C’est la logique de Klatcha a, de Lidja a…( inutile de préciser : sans profondeur, sans raffinement…)

Flash-back sur la période de la lutte pour l’indépendance.
Je suis né et ai vécu ma prime enfance dans une rue qui s’appelait Thiers (la plupart des rues portaient des noms dont on ne savait rien) et qui est devenue, au lendemain du coup d’État, « Avenue de la Libération ». Peut-être parce qu’elle était habitée, comme d’autres rues du quartier, par des familles aux noms à consonance portugaise.

Le Père G., en tant que curé de la cathédrale et directeur de l’école catholique, connaissait bien ce quartier et ses habitants, certains depuis leur très jeune âge. Le quartier situé sur le littoral est urbanisé depuis la période de l’administration des Allemands qui y ont planté, en bordure des rues de grands arbres dont deux espèces principales que nous appelons kokéti, grand comme un chêne et l’autre, Yovozinti (littéralement « amandier de Blancs »), qui ailleurs porte le nom de badamier. C’est une belle rangée des arbres de ce kokéti qui a donné son nom à l’une des rues du quartier. Ce quartier, entre plantation de kokéti ( Kokétime) et Anagokomé ( quartier yoruba) était, en fait, un lieu de rencontre, avant le fameux traité de protectorat entre le chef Mlapa III de Togoville et l’explorateur allemand Nachtigal en 1884, donc avant le tracé des frontières, de familles venues des actuels Nigeria, Bénin, Ghana et même du Niger et de la Haute-Volta, auxquelles se sont joints des esclaves affranchis revenus du Brésil ou des affranchis tout court, portant des noms à consonance portugaise, tout naturellement. Mais tous avec la volonté commune de faire, pour eux-mêmes et pour leurs descendants, de ce petit coin de la terre, leur pays, tout en conservant les liens avec la terre des origines où ils retournent de temps en temps pour des retrouvailles familiales (décès, mariages…), des célébrations rituelles et religieuses traditionnelles. Ce qui les caractérisait aussi, c’était le désir de s’assimiler à la culture autochtone ewe-mina, tout en conservant cependant, autant que possible, ce qui composait l’identité de chacun des peuples désormais réunis. Dans l’ensemble, la langue ewe-mina était adoptée par toutes les familles, cependant que certaines parlaient encore la langue des origines qui dans beaucoup de cas n’est pas très éloignée de l’ewe-mina. Très peu avaient abandonné leur nom, leur totem, leurs coutumes, leurs tam-tams et modes vestimentaires. Le style architectural des maisons s’est aussi uniformisé, avec partout une cour et un bloc de chambres précédé d’un vestibule et des dépendances servant de cuisine et de douche. Chrétiens, musulmans, animistes vivaient en bonne intelligence. Mais il y avait aussi des conversions volontaires, des imitations, des mélanges… On trouvait les pratiquants de ces différentes religions dans une même famille. Certaines de ces familles ont pu se tailler de grandes propriétés terriennes. Est-ce aussi cela que les « héros libérateurs » leur reprochaient ? Parmi les grandes familles de propriétaires terriens, il y avait les Apaloo. Et une maison Apaloo, à cinq minutes à pied de celle des de Souza, servait également de lieu de réunion aux indépendantistes réunis au sein du mouvement de la JUVENTO. Le commissaire Kpakpavi devait souvent répéter à ses policiers : « Attention ! Il y a un Apaloo nationaliste, tout aussi dangereux que les Portugais. D’ailleurs, Apaloo, si ce n’est pas « portugais » c’est « anglais », avec la terminaison en deux oo ? Les sujets « anglais » très influencés par Nkrumah et son CPP n’ont jamais aimé la colonisation française. D’ailleurs, ne sont-ils pas tous plus ou moins « sujets anglais » dans ce quartier, eux qui regrettent les Allemands ? Beaucoup de vieux de la période allemande lisent les journaux en langue anglaise, qu’on y vend comme de petits pains. Nous devons nous méfier de ces gens qui lisent l’anglais. Ils n’aiment pas la France, c’est pourquoi ils anglicisent leur nom. Si une maison Apaloo est un repère des indépendantistes comme celles des de Souza, il faut s’en méfier. Un Apaloo, voisin des Olympio et des de Souza, c’est suspect. La contagion des idées est très vite faite. »

Les cours de certaines maisons étaient ouvertes au public. Les enfants pouvaient y jouer au ballon et à d’autres jeux. Mais le plus grand lieu de rencontre presque quotidienne des enfants était la cour de l’école catholique appelée Ebissikpamé (la cour de l’ABC). C’est là que la plupart des enfants avaient fait leurs classes maternelles, dites abozokpo. Mais aussi un lieu de politisation, car on y répétait les chansons des indépendantistes et l’ébruitement des évènements politiques dont parlaient les parents circulait parmi les enfants qui en discutaient vivement.

Une femme que nous appelions Souza-nↄ (la mère de Souza ) vendait de la purée de haricot dans cette cour où se tenaient le plus souvent les meetings des indépendantistes. Une ribambelle d’enfants l’entouraient, leur assiette à la main pour se faire servir leur petit-déjeuner, contre deux, trois…cinq francs. Mais aussi, on rigolait au sujet des couleurs de la purée de haricot bleu, de la farine de manioc blanche et de l’huile de palme rouge, ironisant sur les couleurs du drapeau français. On chantonnait et on dansait : Bleu blanc rouge, abↄbↄ gali zomi !

Le quartier était très animé surtout le soir. Un marché de nuit consacré à la vente de nourriture s’y tenait, Rue du Chemin de fer, à l’emplacement que nous appelions Gakpodji, non loin du Temple du Calvaire des Assemblées de Dieu, entre l’ancien petit marché et la rue Thiers qui deviendra l’avenue de la libération. Gakpodji désignait aussi tout le secteur autour des rails du chemin de fer, jusqu’à la polyclinique. Le quartier était ainsi très animé par les criées musicales des vendeuses, de nourriture surtout, mais aussi par les bavardages des acheteurs qui allaient et venaient, consommaient.
Des groupes de jeunes propagandistes de l’indépendance profitaient de ce rassemblement du marché de nuit tout en musique et chansons, en s’accompagnant d’instruments de leur fabrication, tambours, tambourins et une espèce de guitare à lamelles métalliques appelée « timbo ». Ils jouaient, chantaient et dansaient. Ils se servaient aussi de marionnettes pour caricaturer les personnages du camp des adversaires politiques. Parmi les hommes dont ils se moquaient le plus, figurait le tout puissant commissaire de police, Kpakpavi. La foule les entourait et ils diffusaient les nouvelles, appels à la mobilisation et autres informations utiles dans le cadre de la lutte pour l’indépendance. Des « Ablodé ! Gbadja ! Ablodé ! Mie woe xoe ! » fusaient pendant leur prestation, parfois à la fin de chaque morceau. On devait faire le guet aux coins des rues, car on craignait des descentes des policiers, intervenant de manières musclées qui arrêtaient les jeunes gens, leur faisaient la chasse, avec force bastonnades dans un grand désordre, ce qui donnait lieu à des bousculades, des cris de toutes sortes, comme « Helu loo! Helu loo ! Bè nyigbã la biↄ xlõ loo ! » (la terre de Bé se vengera !). Ceux qui montaient la garde étaient postés à des carrefours considérés comme stratégiques. Par exemple à Yesuvikape, le petit calvaire attenant à l’École Professionnelle, à l’angle des rues Alsace-Lorraine et Thiers, ou à Akouété-Valentin-Kpedji( actuelle Régie des Eaux), un court de tennis désaffecté où le fou Akouété Valentin avait élu domicile. Quand les guetteurs apercevaient des signes quelconques annonciateurs des enfants de Kpakpavi, c’est-à-dire des agents dits de l’ordre, ils couraient prévenir les propagandistes de l’Ablodé et ceux-ci déguerpissaient le plus vite possible. Quand les policiers arrivaient sur la place du marché, à temps pour mettre la main sur les propagandistes ou pas, ils procédaient violemment à des renversements d’étalages. Tout se répandait au sol, tout pouvait être piétiné : des beignets, des boules d’akassa, des oranges, des poissons frais ou frits, des quantités de sauce encore fumantes avec des mâchoires osseuses de cochon ou de mouton couraient hors des marmites et des casseroles, coulaient, ruisselaient sous les pieds des gens… tout comme le pétrole des lampes et des lampions qui éclairaient de leur faible lumière jaune orangée, les marchandises et l’eau potable déversée des seaux auxquels les agents donnaient de furieux coups de pied. Des pièces de monnaie que les vendeuses n’avaient pas pu ramasser à temps, se mêlaient aux produits renversés à terre. Des bris de bouteille et de verre volaient. Certains continuaient de crier en s’enfuyant : « Helu ! Helu ! ou encore « Ablodé ! Gbadja ! Ablodé ! Mie xoe !

1. Au lendemain de ces descentes brutales de police, le père G. avait encore une fois un programme chargé. Il arpentait les rues à pied. La plupart des domiciles privés où il devait se rendre, se trouvaient autour de Yesuvikaƒe le petit calvaire qui faisait appendice au grand bâtiment de l’Ecole Professionnelle catholique. La croix du Christ était érigée dans ce coin de la rue, sur un haut socle de pierres, protégée par une construction en barres métalliques. Les gens passant devant, jetaient, à travers les barreaux, des pièces de monnaie, des bougies et parfois de la nourriture, acte votif mélangeant la croyance catholique à la tradition religieuse du légba. Comme le prêtre y passa plusieurs fois, il fit à chaque fois une courte prière à l’intention des victimes de la descente de police de la veille, après, bien entendu, l’incontournable signe de la croix. Il avait établi une liste d’une trentaine de personnes à voir avant la fin de la journée. Parmi ces personnes, aussi bien des vieilles femmes, vendeuses de nourriture que des adolescents, propagandistes de l’Ablodé qui étaient supposés avoir provoqué la violente descente de police. Il se rendait dans les maisons, à la prison, au commissariat de police, à l’hôpital de Tokoin.

Il poussa doucement un portail en bois lourd et noir de saleté qu’un poids, une meule attachée par une chaîne de bicyclette au linteau permettait de maintenir fermé. Le portail grinça et s’ouvrit. Il entra. La maison était plutôt un vaste terrain vague sur lequel son propriétaire s’apprêtait à faire construire une bâtisse qu’on pouvait imaginer grande, comme en témoignaient les matériaux : un important amas de ces briques rouges cuites que l’on utilisait beaucoup à l’époque et un tas de sable des bords de la mer. L’habitation actuelle était constituée d’une cabane en bois branlante couverte de quelques vieilles tôles. À côté, une autre cabane un peu plus grande, sorte de réduit où les ouvriers d’un chantier entreposaient leurs outils de travail. Ceux-ci n’étaient pas là ce jour. Une femme qui vivait là en solitaire avec ses enfants semblait être plutôt une gardienne des lieux. Elle souhaita la bienvenue au prêtre dès que celui-ci apparut à l’entrée. C’était l’une des femmes qui avaient été molestées et dont les denrées à vendre avaient été saccagées. Elle était torse nu et se dépêcha d’attraper le pan de son pagne qui trainait et de s’en couvrir la poitrine qui n’était plus tout à fait ferme. Il la salua : « Ne wo kafu Yesu-Kristo ! ». Elle répondit d’une voix pâteuse, à mi-chemin entre le ronchonnement par rapport à sa propre situation et le soulagement moral de savoir que le prêtre avait pensé à elle : « Tegbe, tegbe, amen ». C’était une jeune femme d’une trentaine d’années. Devant la porte de sa cabane fermée par un vieux pagne, elle lavait son petit garçon de quatre ans, debout dans une bassine, tandis que deux autres enfants à peine plus jeunes, très sommairement habillés, jouaient à côté. Près de la femme, gisaient les ustensiles de cuisine qui lui servaient à la préparation des beignets, de petites bassines et une calebasse contenant du haricot, les invendus de la veille, mais aussi un tas de beignets piétinés, mélangés à de la boue, que personne ne pouvait plus manger. Elle accueillit le religieux en fondant en larmes, lui montrant, ces beignets piétinés, perdus.

-Voilà ce qu’ils ont fait de mes beignets : une véritable boue. Mais, ce n’est pas le plus grave. Voyez-vous, mon Père, on n’a pas seulement jeté par terre les produits que je vendais, même mon argent a disparu dans la bousculade. Qui me l’a pris, je ne sais pas. Les petits voyous ? Les policiers eux-mêmes ? Les policiers sont aussi voleurs que les petits voyous. Certains, quand ils nous battent et renversent nos étals, ramassent en même temps les petits sous qu’ils peuvent trouver. C’est la vérité, mon père ! Maintenant, ce que je vais manger avec mes enfants, je ne sais où le trouver. Moi qui n’ai ni père, ni mère, ni mari. Que veut-on que je fasse ? Que je me prostitue pour boire la bouillie de chaque jour avec mes enfants ?
-Non, non, dit le prêtre. Tu ne vas pas te prostituer. Tu vas encore cuire tes beignets et les vendre.

Avant de la quitter, il lui adressa quelques recommandations : « On va baptiser tes enfants prochainement. On va les baptiser tous les trois, ensemble. Penses-y. L’aîné a déjà quatre ans. On va l’inscrire pour la rentrée prochaine à Ebissikpamé.

Il enregistrait d’autres plaintes du même genre, de femmes dont tout le revenu consistait en la recette de leur vente quotidienne de produits.
Le prêtre traversa le petit marché dominé par l’étage de la Cie FAO qui deviendra la SGGG-alimentation, très animé. De nombreuses voix l’interpelaient auxquelles il répondait, ou c’était lui qui saluait par son habituel « Ne wo kafu Yesu-Kisto ». Il s’engagea sur la voie ferrée, arpenta « tabou tabou » comme on dit en mina, les rails, pour se retrouver de l’autre côté de la polyclinique

Nokafuyesukristo entra au commissariat de police. Il devait supporter les cris horribles de douleur poussés par ceux que les policiers battaient, torturaient avec des instruments divers, la vue de plaies purulentes, pansées ou non, les yeux au beurre noir des détenus. Certains avaient les mains si endolories, les paumes si enflées, si pâles, si traversées de veinules bleues que, lorsque le prêtre les saluait, voulant leur serrer la main, il le faisait avec des précautions telles qu’il pouvait éviter d’aviver leur douleur. Combien de coups avaient-ils reçus, les uns et les autres ? L’image du Christ, dont les mains étaient transpercées par les clous qu’y ont enfoncés les soldats romains, traversa brièvement son esprit. Pour certains, c’étaient les fesses qui leur faisaient mal ; ils pouvaient à peine s’asseoir. Être prêtre, c’est avoir nuit et jour comme ennemis devant soi la misère et le mal. Et tenter de les battre selon les armes que Dieu nous donne, même si nous sommes obligés de reconnaître que ces armes sont souvent impuissantes. C’était sa profession de foi personnelle. Les hommes auxquels il rendait visite étaient diversement habillés, des vêtements à peu près corrects au simple caleçon, en passant par les haillons qui, selon leur état, découvraient telles ou telles parties du corps. Ils sentaient tous ou presque tous mauvais n’ayant pas pris de douche depuis des heures, voire des jours. Inutile de se demander depuis combien de temps ils n’avaient pas fait usage de la brosse à dents ou du cure-dents végétal. Il y en avait un qui puait carrément l’urine et ne paraissait pas s’en gêner. Le prêtre était assailli par les plaintes qui venaient de partout. Il tentait de faire libérer ceux qui pouvaient l’être, consolait ceux qui y séjournaient encore…De son sourire bienveillant, de ses paroles, de ses bénédictions.
Là aussi, c’étaient des plaintes de gens qui voulaient clamer leur innocence dans cette affaire de rafle de la police.

-Moi, j’étais devant ma propre maison quand les gens ont commencé à courir à gauche et à droite pour échapper aux policiers. Regardez, mon Père, comment ils m’ont battu. On n’a plus le droit d’être devant sa maison ?

« Moi, j’avais acheté mes boules d’akassa que je mangeais avec du poisson frit et du piment. En renversant tout, dans la confusion, ils m’ont envoyé le piment dans les yeux. Je ne pouvais pas vraiment fuir…je fuyais comme un aveugle. Ils m’ont attrapé. Est-on propagandiste de l’Ablodé simplement parce qu’on veut aller prendre son repas du soir au marché de nuit de Gakpodji ? Les propagandistes, ce sont des jeunes. Mais, regardez-moi, mon père, est-ce que j’ai l’âge d’être propagandiste, moi qui ne peux même pas courir quand les policiers leur donnent la chasse ? ».
L’homme qui parlait ainsi était maigre, vieux, ridé, osseux, avec des cheveux tout blancs.

-Celui-ci, dit le prêtre aux policiers, vous devez le relâcher tout de suite, sinon…regardez-le vous-mêmes.

Le plus gradé des policiers lui répondit :

-Mon Père, nous ne pouvons rien décider. Il faut attendre le commissaire.
Un homme encore solide, d’une quarantaine d’années fit signe au prêtre qu’il voulait lui parler. Apparemment, cet homme était respecté par tous. Policiers et détenus lui donnaient du « maitre » ou du « sergent-chef ». Mais, maître ou sergent-chef, il semblait, vu son état, avoir été frappé comme les autres. Il parlait à si haute voix qu’on aurait cru qu’il voulait que tout le monde puisse l’entendre, surtout les policiers :

« On dit que nous voulons l’indépendance, que nous sommes contre les Français… Que je suis francophobe! M’imagine-t-on, moi, ancien combattant, ennemi des Français, moi qui ai souffert à la guerre, moi qui ai failli mourir, étais prêt à donner mon sang pour libérer la France de l’occupation nazie. Hein ? Moi, ancien combattant ! Figurez-vous, mon père ? Si les Français ont le droit d’être libres, indépendants chez eux, pourquoi les Noirs n’auraient-ils pas le droit d’être un jour indépendants chez eux aussi ? Moi, je suis instituteur. Depuis l’École Normale William Ponty, on a tenté de nous inculquer que notre Mère-Patrie était la France. On nous a fait chanter « Nos ancêtres, les Gaulois ». J’ai répondu à l’appel du Drapeau. Je me suis fait recruter au Dahomey pour aller libérer la Mère-Patrie, comme on disait. Les Français ne pensent-ils pas que les Noirs puissent avoir, eux aussi leur Mère-Patrie à libérer ? Notre Mère-Patrie, c’est le Togo. Notre Mère-Patrie, c’était la France, mais, les Français savaient très bien que l’heure viendrait où nous irions réclamer la liberté pour notre vraie Mère-Patrie qu’est le Togo. Alors, qu’on accepte que nous puissions dire que notre Mère-Patrie, c’est le Togo… Même mon gagne-pain est menacé, parce que cela fait deux jours que je ne suis pas retourné en classe. Parce qu’un traitre, un salaud, un imbécile a trouvé dans mes affaires la carte de membre du CUT et m’a dénoncé, je suis ici pour interrogatoire. Qu'est-ce qu’on veut savoir de moi ? Que j’aime ma Mère-Patrie ? S’il faut avoir un comportement de lâche et de traitre à sa Mère-Patrie pour faire carrière, pour devenir directeur d’école…comme on dit chez nous, que le véhicule qui conduit à la réussite parte, je voyagerai à pied.»

Le prêtre lui dit, admiratif, en lui tapant amicalement sur l’épaule: « Tu as raison, mon fils. J’aurais voulu que les autorités t’entendent. Je sais qu’il y a beaucoup de Français qui pensent comme toi, qui parleraient comme toi. »
Les policiers se turent. Le prêtre en surprit plus d’un qui murmuraient quelque chose à l’oreille d’un camarade, comme s’ils approuvaient aussi les paroles de cet ancien combattant. D’ailleurs, parmi ces policiers, il y en avait qui étaient eux-mêmes d’anciens combattants, recrutés dans la police pour bons et loyaux services, comme d’autres ont été pris dans d’autres secteurs de la fonction publique en tant que plantons, gardiens, balayeurs, boys-cuisiniers chez les fonctionnaires coloniaux ou commis…selon le niveau d’instruction.

Nokafuyesukristo parvint à un jeune homme que ses codétenus appelaient Kanlia, c’est-à-dire le Brave et qui délirait, on ne sait sous l’effet de quelle maladie, ou drogue ou alcool, ou alors peut-être d’une révolte amère, à moins que ce fût d’un espoir fou :

« Mon Père, mon Père, moi je n’ai pas peur de le dire. Ils n’ont qu’à me battre encore. Ils m’ont déjà battu plusieurs fois, dans les mains, sur les fesses, au visage. Ce pays est à nous. Il n’appartient pas aux Français. Les Français vont partir. Nous aurons l’indépendance. On va faire venir les Américains, les Allemands, les Anglais…Ils vont créer des usines, des emplois. Nous trouverons tous du travail dans ce pays et nous aurons tous à manger. Je le dirai, je le chanterai comme Atchoglo le chante. Ignorant la présence des policiers, il se mit à chanter :

« Ma gblↄe ma kuee

Ma gblↄe ma gã ee

Nya yaa zu kãli nya!“

( Je le dirai pour mourir

Je le dirai pour vivre

C’est une parole de brave ! »

Il chantait et dansait en même temps, comme pour narguer les policiers, oubliant les douleurs qu’il ressentait visiblement. Certains de ses codétenus riaient d’abord, puis se mirent à chanter et danser avec lui, excités, contaminés par cette ardeur, cette audace que lui donnait son courage. Même ceux qui ne pouvaient pas se lever bougeaient sur leurs fesses endolories et agitaient les bras au rythme de la chanson, comme peuvent le faire des handicapés. Il y eut un vacarme terrible. Les policiers furent effrayés. Leur grande chance fut l’absence de Kpakpavi au commissariat en ce moment-là.

-Hé ! Vous allez vous taire et rester tranquilles! Et toi, Kanlia, faux brave, tu vas voir ! vociféra un brigadier tremblant de colère ou de panique.
Ils se turent et cessèrent de bouger.

Tous les policiers, interloqués les regardaient. Ils n’oseraient, évidemment pas brutaliser Kanlia en présence de l’homme de Dieu. L’un d’eux cependant lui dit, sur le ton le plus sévère possible, pointant le doigt sur lui :
« Hé toi, Kanlia, vas-tu te taire maintenant, petit voyou, délinquant. Est-ce que tu ne jouais pas aux jeux interdits sur la place du marché ? Est-ce que tu ne trompais pas les gens naïfs avec tes cartes faussées ? »
Il s’avança vers lui, les poings fermés comme pour le boxer, menaçant :
-Est-ce que tu ne te livres pas à toutes les escroqueries du monde pour avoir de l’argent ? Dis ça aussi au prêtre, pour que ta confession ou plutôt ton discours sur les métiers à pratiquer après la proclamation de l’indépendance soit parfait. Crois-tu que, même après l’indépendance, si tu demeures délinquant, un Américain, un Allemand ou un Anglais va avoir confiance en toi et te donner du travail, à toi ?

Le brigadier se tourna vers le Père G. :
« Mon Père, c’est un délinquant, un de ces petits voyous, de ces escrocs que vous voyez opérer sous les hangars du grand marché, à la gare routière et à la plage ». Puis, toisant à nouveau Kanlia , l’air toujours courroucé:

-Alors, tu vas te taire tout de suite, sinon…tu sais le prix à payer.

-Je ne vais pas me taire, cria Kanlia. Si vous voulez me tuer, prenez le couteau en même temps et coupez-moi la gorge comme un poulet. Qu’est-ce que j’ai volé ? Parce que j’ai chanté que mon pays a le droit d’être libre ? Oui, j’ai chanté contre les Français au marché de Gakpodji et j’ai crié « Ablodé ». Si je sors d’ici, je chanterai encore. Et je crierai « Ablodé ».Si vous n’êtes pas d’accord, coupez-moi la gorge.
Nokafuyesukristo essaya de le calmer autant qu’il pouvait et d’un geste de la main, fit comprendre au policier qu’il valait mieux mettre fin à toute altercation.

-Mon Père, cria le jeune homme, hystérique, si vous partez comme ça, ils vont encore me battre. Je les connais, c’est parce que vous êtes là qu’ils ne me battent pas. Ils m’ont déjà battu plusieurs fois. A cause de la vérité que je leur ai dite. Ils attendent seulement que vous partiez pour me battre encore.
Le Père G. se tourna vers les policiers :

-Il ne faut plus le battre. Vous voyez dans quel état il est déjà. Battre encore quelqu’un comme ça, c’est provoquer sa mort.

-Justement, mon père, ils veulent me tuer. Me tuer pour plaire aux Blancs, pour avoir des galons.
« Messieurs, dit encore le prêtre aux policiers, ne le battez plus. Je reviendrai voir le commissaire pour son cas ainsi que pour celui du vieux. »

-Le mien aussi ! Le mien aussi ! clamaient presque tous les détenus agités, gisant au sol ou debout les mains appuyées aux barreaux, certains sur un ton éploré.

-On verra, on verra, dit le Père G. Ne wo kafu Yesu-Kristo, lança-t-il en agitant la main à tous, policiers et détenus, en guise d’au revoir. La réponse fut un brouhaha confus, de tous les tons mélangés : désespoir, résignation, pleurs…Les policiers voulant se montrer polis joignirent leurs voix au chœur des détenus avec une fausse courbette et un sourire forcé.

- Tegbe, tegbe, amen !
(A suivre)

Sénouvo Agbota ZINSOU




Autres titres

Togo de john aziamour, chants et silences à mélo, 
Togo le point de kodjo epou : que de temps perdu en suspenses bidon! 
Togo et si vous rentriez (enfin) dans l'histoire ! m. olympio... 
Plus de nouvelles




 24   MEK | Dimanche, 5 Février 2017  - 12:31
  Que Dieu te garde, SAZ! Merci de nous faire revivre autrement notre histoire. Père G. (Père Gbikpi); Kl (Kléber Dadjo); Em (Emmanuel Bodjollé); Ro (Robert Adéwui); Et (Etienne Eyadéma); ...

 23   EB_Toutmosis3 | Vendredi, 3 Février 2017  - 19:23
  Réponse à 22-fantasmagoric
  Bonjour,

Je dois avouer que plus l’ami fantasmagoric parle, plus nous découvrons son ignorance historique abyssale malgré sa manière prétendument habile de vouloir cacher la chose.

C’est affligeant….et c’est toujours préférable de maitriser un sujet avant de vouloir engager un débat finalement oiseux, car, honnêtement je n’apprends RIEN de ce palabre inutile.

Vas consulter les ouvrages à la bibliothèque du Congrès américain, lis nos historiens comme les professeurs Gayibor et Toulabor etc., et tu constateras que je n’invente rien dans ce que je dis sous ce posting.

Maintenant si toi tu veux une histoire imaginaire, une pure invention ou disons, une réécriture fantaisiste de l’histoire togolaise, c’est ton problème.

Tu accuses le president Olympio comme s’il était au pouvoir quand le Togo-britannique fut annexé au Ghana…ceci prouve que tu n’as vraiment aucune idée de la période de l’annexion de cette partie du pays et ceux qui étaient en charge du Togo durant cette époque.

Demande plutôt aux membres du PTP (Parti togolais du progrès) quel a été leur rôle dans cette trahison de l’annexion du Togo-britannique…quel a été le rôle de la France ???? Pourquoi sait-elle tu devant la manipulation anglaise des togolais de cette zone qui ont finalement LIBREMENT opté pour un rattachement de la zone au Ghana à l’issue d’une élection supervisée par l’ONU????

Pourquoi le tyran analphabète Gnassingbé Eyadema qui dirigeât le Togo pendant plus de 38 années n’a-t-il jamais mené une vraie politique, un vrai lobbying de récupération du Togo occidental ????

Pffffffffffffffff c’est l’ignorance qui te fait parler….je n’ai pas utilisé le mot "hérétique" mais plutôt j’ai parlé d’ "hérésies historiques" dans la phrase : "cher ami fantasmagoric apprend l’histoire de notre pays et arrête de raconter des hérésies historiques." Et je crois que c’est justement de cela qu’il s’agit…sais-tu quel a été le PREMIER dossier traité par l’ONU lors de sa toute première session???

Pfffffffffffff le president Sylvanus a tout fait pour réunir les 2Togo au point même d’incarner cette histoire d’éwéland alors que le bonhomme n’était pas éwé lui-même….juste une stratégie politique pour parvenir à ses fins….mais non je pars mon temps, ma parole!!!

Vie, Santé, Force et Unité!

 22   fantasmagoric | Vendredi, 3 Février 2017  - 11:26
  Réponse à 19-EB_Toutmosis3
  Aaaaaah! Cher ami de là-bas bonjour,
Le mot "hérétique "est lâché. Ce qui voudrait dire que même l'Histoire "officielle ", personne ne doit s'interroger même quand le cerveau bouillonne.

Votre démonstration je la connaissais. Vous êtes trop magnanime avec les acteurs de la scène politique togolaise de 1946 jusqu'en 1963, et voyez la main de la France partout. Vos gars étaient simplement des naïfs avec des errements historiques qui coûtent chers et hypothèquent des générations futures si nous n'y prenons pas garde. Les archives allemandes sont d'éléments à verser, on aura des surprises avec les hagiographes de cette période.

Voici une autre démonstration que je vous fais pour soutenir des interrogations non-assouvies.

La proximité dont je faisais cas. Beaucoup ont compris ce qui était exprimé par ma fausse naïveté. Ces puissances étrangères, à savoir les USA, l'Allemagne tous les mouvements de libérations. ..Et la Cour Internationale de Justice, il fallait les mettre à contribution sur le champ, faire du bruit au maximum pour confondre N'Krumah car le Togo britannique faisait partie, d'après la Conférence de Berlin, c'est'est un raisonnement juridique implacable. Et puis dans la région le nouvel État n'avait pas d'amis, pas d 'armée, aucune unité nationale ...des erreurs successives. Quant à la monnaie en gestation, elle n'était accompagnée d'aucune argumentation technique élaborée à court/moyen terme. Simplement sur des rivalités coloniales.


Le RPT, puis aujourd'hui Unir sont les enfants putatifs non-désirés du CUT par opposition idéologique. Or le CUT est le plus ancien parti au Togo, ses membres historiques se sentant "spoliés " en 1963 parrainent de basses besognes avec l'ANC (nom emprunt d'Af.Sud )entité hétéroclite sans corpus de JPF entretenu par Eyadema et G.O., à ce dernier il faut saluer sa clairvoyance patriotique et mérite respect...de Faure avec plus de responsabilités pour l'UFC en gestion publique.

La démarche salutaire aujourd'hui doit être de préparer l'avenir des générations futures qui doivent vivre en paix dans un pays pacifié et serein au lieu qu'on leur ressasse un passé pas si clair que ça est jalonné de zones d'ombre très épaisses.

Il faut aussi éviter qu'à l'avenir les petits malins qui déstabilisent leur pays, le titre réfugié en poche et après avoir acquis une identité étrangère viennent postuler à la chose nationale. Nous avons une amère expérience en la matière. Place aux vrais patriotes.

J'ai épuisé le sujet et les arguments qui vont avec à présent à vous un bon week-end avec cordialité !

 21   Lomevia | Vendredi, 3 Février 2017  - 6:13
  @ Atalo

Au Togo, on connaît ceux qui ont les bouches les plus sales à cause qu'ils sont des charognards qui mangent à toutes les sauces corrompues en prenant d'abord 350 mille francs pour assassiner un homme d 'État intègre en 1963. Et après ils ont plongé tout le pays dans les ordures du tribalisme d'Etat et de corruption infecte.

 20   Atalo | Jeudi, 2 Février 2017  - 20:55
  Réponse à 18-Lomevia
  "Le mal instruit" ne vient de la bouche sale de celui qui le prononce.

 19   EB_Toutmosis3 | Jeudi, 2 Février 2017  - 19:46
  Réponse à 17-fantasmagoric
  Bonjour,

Il ne doit pas y avoir normalement "d’incompréhension", et cette "catégorie" de togolais qui semble ne pas comprendre ou ne pas pardonner serait étonnée…si ces gens font eux-mêmes le travail intellectuellement pénible de s’approprier dignement leur propre histoire.

Quand on aime réellement son pays, on cherche à connaitre son histoire. C’est un travail intellectuel difficile et personnel. Toute la documentation historique est là mais personne ne viendra faire les recherches et la lecture de ces documents à votre place. En clair, cette "d’incompréhension" et cette "catégorie" de togolais exhibent plutôt leur propre paresse intellectuelle.

Ceci dit, je vais essayer de lever certaines de tes "incompréhensions" qui s’apparentent plus à une ignorance historique.

*******************************

- Tu poses la question de savoir pourquoi cette proximité entre le president Sylvanus Olympio avec le Conseil de sécurité de l’ONU….

C’est une question à laquelle tu devrais trouver de réponse toi-même, normalement. Cher ami, saches que cette bande de terre qui nous a été arbitrairement attribuée et que nous appelons le Togo avait un statut très particulier. Depuis 1920 le Togo était placé sous mandat de la SDN. Ensuite sous tutelle de l’ONU à la fin de la guerre en 1946. Le president Olympio et les leaders togolais de l’époque faisaient un grand lobbying au sein de ces 2 institutions (SDN et plus tard l’ONU) pour la réunification des 2 Togo. Dans le même temps, il faut savoir aussi que M. Sylvanus Olympio fut le représentant coté togolais, de l’AEC, (The All Ewe Conference) du prof D. Chapman du Ghana. Le principal objectif de l’AEC est de regrouper tous les peuples éwé du Ghana, du Togo et du Bénin sous une même administration et sur un même territoire….sound familiar???

En réalité, l’idée de la fameuse éwéland vient du Ghana et n’a absolument rien à voir avec un tribalisme anti-nord Togo.

Pour mener à terme son objectif qui sera d’ailleurs un échec, l’AEC va donc s’allier au CUT du Togo. Donc pour répondre à ta première question, la proximité de M. Olympio avec l’ONU est dû au fait qu’il allait là-bas pour le lobbying.

**************************************

- Pourquoi cette proximité du president Olympio avec l’Allemagne…

Curieuse question tout de même quand on connait notre histoire. Le Togo fut une ancienne colonie allemande et donc c’est naturellement qu’il y’a cette proximité. Mais la raison fondamentale est que le president Olympio veut développer son pays avec ou sans la put@ine de France. Pour ce faire, il veut construire un grand port en eau profonde à Lomé mais l’administration coloniale Française dit niet et s’y oppose vigoureusement sous prétexte de la construction d’un port déjà au Benin. Le president Olympio ne voudrait pas l’entendre de cette oreille et se tourne tout simplement vers l’Allemagne qui lui accorde plusieurs millions de prêt de deutschemarks pour commencer les travaux du port de Lomé. Pire, M. Sylvanus Olympio veut aussi sortir du franc CFA et frappe une nouvelle monnaie qui sera garanti par l’Allemagne. Est-ce claire maintenant cette proximité, l’ami fantasmagoric???

**********************************************

- Pourquoi cette proximité du president Olympio avec les USA…

C’est encore une question qui doit se comprendre aisément. Le premier president togolais est un homme d’AFFAIRE. Le monsieur est un businessman qui a étudié l’économie en Grande Bretagne et qui veut développer son pays….lequel des pays est plus capitaliste que les Etats-Unis???? En plus, ces nombreux voyages vers les Etats-Unis pour faire le lobbying en faveur de la réunification des 2 Togo et pour le compte de l’AEC ont fait que le monsieur est devenu très proche des différentes administrations américaines. L’ancien president Kennedy par exemple vouait une amitié très sincère pour M. Olympio…

NON, le president Olympio n’a pas laissé filer le Togo-britannique comme tu le dis…c’est une méconnaissance. C’est plutôt la put@ine de France qui a laissé la GB phagocyter cette partie du Togo…c’est dommage. Qu’est-ce que la put@ine de France a concrètement fait pour anéantir les manœuvres et le dilatoire des anglais à l’époque??? Il y’a RIEN qui le mentionne dans la documentation historique.

Même après cette incorporation du Togo-britannique, le president Olympio a continué par lutter pour une repossession de cette partie. Ce qui va d’ailleurs entrainer cette animosité entre lui et Nkrumah….cher ami fantasmagoric apprend l’histoire de notre pays et arrête de raconter des hérésies historiques.

Vie, Santé, Force et Unité!

 18   Lomevia | Jeudi, 2 Février 2017  - 16:9
  Réponse à 16-fantasmagoric
  "Une partie de Togolais", oui la partie qui n'a aucune notion de ce qu'est eria NATION. Cette partie qui ne connait que les relents de l'ethnie et de la tribu.
Oui cette partie ne pardonneront pas jusqu'à ce qu'ils n'entre de force dans la lumière de la politique morderne où la lutte se fait pour la nation et non pour l'ethnie.

Toujours mal instruit par le colon manipulateur.

 17   fantasmagoric | Jeudi, 2 Février 2017  - 9:49
  Réponse à 12-EB_Toutmosis3
  Cher ami. J'ai été noyé sous un tombereau d'incompréhension, mais ce n'est pas grave. Il y a une chose qu'une catégorie de togolais ne comprendront et ne pardonneront, c'est cette "proximité" avec les USA+Conseil de sécurité +l'Allemagne. avec la CIJ de Laye ..et laisser filer le Togo utile à N'Krumah+d'autres incohérences.

Une intelligence rationnelle s'interrogera toujours.
Par ailleurs nous ne sommes pas tous obligés d'apprécier la littérature politique de M.Zinsou.

Bien cordialement et excellente journée chez vous !

 16   fantasmagoric | Jeudi, 2 Février 2017  - 9:15
  Réponse à 15-Lomevia
  Vous êtes tellement instruits et imbus de vous-mêmes sans s'en rendre compte que le Togo se débat dans des contradictions. Ceux qui n'ont pas été à l'école vous croient intelligents (certains citoyens).

Retournez à l'ÉCOLE de l'humilité, monsieur!!!

Maintenant oubliez ma personne et causez avec vos semblables. Je vous recommande de revoir mes interventions qui couvrent les secrets de l'HISTOIRE du Togo.

 15   Lomevia | Jeudi, 2 Février 2017  - 7:58
  Réponse à 14-Atalolo
  Ce n'est pas un discours.
C'est un récit, mis en roman.
Ceci n'est qu'un extrait.

Ton ami le fantasmagoric est si mal instruit , tu veux lui resembler?

 14   Atalolo | Mercredi, 1 Février 2017  - 20:55
  Qui a le temps de lire ce discours sans fin? Soyons bref et lucide si nous voulons vraiment informer le peuple.

 13   EB_Toutmosis3 | Mercredi, 1 Février 2017  - 20:2
  Réponse à 12-EB_Toutmosis3
  Lire "As-tu vu la tête..." dans

As-tu vu la tête de ceux-là que tu défends acharnement aujourd’hui après leur forfait de 1963???

Vie, Santé, Force et Unité!

 12   EB_Toutmosis3 | Mercredi, 1 Février 2017  - 19:17
  Réponse à 11-fantasmagoric
  Bonjour,

Nous pouvons ne pas toujours être d’accord avec SAZ…et plusieurs peuvent témoigner sur ce site que j’ai souvent critiqué le monsieur, mais dans le même temps, l’honnêteté intellectuelle nous oblige à saluer un travail bien fait.

Honnêtement, les publications de SAZ sont vachement une richesse pour nous tous. Je veux bien faire un débat nourrissant avec toi mais pas un bashing des anciens. Je voue un grand respect pour TOUS les anciens. Apprenons à ne pas calomnier nos Aînés…c’est ça la tradition africaine.

Ceci dit, je suis affligé de constater que tu persistes sur cette lancée…c’est regrettable.

Connais-tu un tas d’africains diplômés dans les années 50 dans divers disciplines, parlant et écrivant couramment, le français, l’anglais, l’allemand, le portugais, l’éwé, le yorouba ????

As-tu veux la tête de ceux-là que tu défends acharnement aujourd’hui après leur forfait de 1963???

Il y’a des vidéos qui trainent sur youtube sur la soldatesque qui a assassiné le president Sylvanus Olympio en 1963…vas-y admirer leurs gueules. Mais soyons quand même un peu sérieux.

Attention…je ne dis pas que le president Olympio était un ange. Certes, le bonhomme comme tout humain avait ses défauts ce qui va lui créer beaucoup d’ennemis.

L’emprisonnement et l’exil de ses anciens compagnons par exemple ou les exactions des "Ablodésodja" sur des paysans des plateaux et ailleurs dans leur collecte des taxes sont des faits historiques réels. Nous ne devons pas les nier mais les assumer. Cependant, ne cherchons pas aussi à falsifier l’histoire.

Quand tu affirmes par exemple que le president Olympio est un vulgaire n’importe qui et n’avait pas la trempe d’un Sékou Touré c’est que tu ne sais vraiment pas de quoi tu parles.

Le president Olympio fut un intellectuel africain influent. Les français le craignaient PLUS que Sékou Touré parce que M. Olympio ne s’opposait pas frontalement à eux.

C’était un habile politicien très insaisissable avec des idées dérangeantes que la put@ine de France jugeait très corrosives à sa politique de pillage systématique de nos pays.

D’ailleurs Foccart confessera plus tard que le president Sylvanus Olympio n’était pas un ami de la France. Pour de Gaulle et Foccart, le president togolais était un dangereux leader africain qu’il faut éliminer….

Il faut regarder par exemple les images de la visite d’état du president Olympio aux States le 20 mars 1962, accompagné par les honorables Paulin Kofi Fréitas, Hospice Imoru Coco…je demande à icilome de mettre sur sa page cette vidéo de youtube dont voici les liens afin que les togolais saisissent véritablement le grand homme d’état qu’incarnait le president Sylvanus Olympio. (https://www.youtube.com/watch?v=8_dw388XUpo)

Le president Kennedy est personnellement venu l’accueillir à l’aéroport et c’est avec son avion que l’illustre togolais a voyagé sur NY et là-bas….c’est tout un défilé gigantesque qui est organisé en son honneur.

Il y’a plusieurs années maintenant que je vis aux States et je n’ai pas encore assisté à une telle réception d’un president africain ou européen period.

Curieusement, quelques mois après cette visite, le president Olympio sera assassiné par la put@ine de France. A César ce qui est à César….ne falsifions pas grotesquement l’histoire car c’est note héritage collectif.

Meilleures salutations togolaises et africaines à l’ami fantasmagoric.

Vie, Santé, Force et Unité!

 11   fantasmagoric | Mercredi, 1 Février 2017  - 10:9
  Réponse à 10-EB_Toutmosis3
  Bonjour à l'ami EB_T, c'est un privilège de vous traiter de la sorte. Jusqu'ici considération vous a toujours été accordé même en désaccord cordial.

Les termes que j'ai utilisés sont relatifs (encore une fois ) ou par extension, à vous de comprendre si vous avez la volonté. Si vous pensez qu'il suffit d'être polyglotte pour pour être un vrai acteur politique c'est qu'il y a souci. Avez-vous fait une introspection pour savoir pourquoi le Togo piétine jusqu'alors? Je vais vous donner une des clés, pas la seule d'ailleurs. C'est que l'indépendance a été mal-acquise, utilisée par les acteurs CUT. Les héritiers Peut-etre dont vous êtes auraient dû faire un aggiornamento pour avancer. Or que constatons -nous? Nous lisons et entendons que c'était mieux en 50/60. Vraiment ?
Par ailleurs il été soulevé des lièvres de cette époque, aucune réponse opposable n'à été enregistrée de votre part sauf l'anathème. Dommage, vous qui êtes bien apprécié de ma personne (rare)

Bien chez vous et cordialement !

Ps: Pas de tirade. Fin ma réflexion sur le sujet !

 10   EB_Toutmosis3 | Mardi, 31 Janvier 2017  - 22:35
  Réponse à 9-fantasmagoric
  Je crois que le sieur fantasmagoric ne maîtrise pas grand-chose à l’histoire de son pays et pourtant il veut l’ouvrir par ici comme la caste d’ignares qui interviennent malheureusement sur ce forum tous les temps. Sa piètre réaction du posting #7, un drôle de ramassis d’âneries, un bashing grotesque, ou le bonhomme s’attaque au president Sylvanus Olympio ainsi que l’auteur de cette publication, démontre à suffisance le bégaiement de la pensée historique chez l’individu. C’est quand même un peu rigolo de jouer à un acharné du clavier alors qu’on a que peu de connaissance sur le sujet.

Tout d’abord, qualifier SAS d’ "écrivain du surréalisme" s’apparente plutôt à une insolence et à même temps aussi à une ignorance, car tout ce que dit l’auteur dans cette publication relève de la pure vérité, ce sont des faits factuels et non imaginaires, et s’il parle de "Récit romancé" c’est peut être compte tenu de la longueur du document; le roman ayant plusieurs caractéristiques. Ce n’est d’ailleurs pour rien que certains de nos compatriotes le qualifient affectueusement de Balzac togolais.

Ensuite, continuant dans ton commentaire oiseux, tu qualifies l’intelligence du premier president démocratiquement élu du Togo de "relative"…mais bon dieu de bon sang…..M. Sylvanus Olympio fut un grand polyglotte. Le monsieur parlait plusieurs langues dont le français, l’anglais, l’allemand, le portugais, le yorouba, l’éwé…je ne sais pas combien de langues le sieur fantasmagoric parle mais quand même un peu de tenue. Le president Olympio est diplômé en économie politique et en droit international à Londres, en France et en Autriche.

Puis après, tu reprends médiocrement la propagande imbécile du régime analphabète de Lomé en voulant faire croire que la lutte pour l’éwéland était une forme de tribalisme contre nos compatriotes du nord….mais quelle ânerie…comment croire à pareille idiotie alors que la maman du president est une moba, une ethnie du nord-Togo????

Je m'arrête là et ne répondrai à tes questions (pas vraiment intelligentes) que dès que tu auras reconnu que ton posting #7 est vraiment excessif, relève de la manipulation, du mensonge…un bashing tout court.

Vie, Santé, Force et Unité!

 9   fantasmagoric | Mardi, 31 Janvier 2017  - 16:55
  Réponse à 8-Lomevia
  Repond-on à des imbéciles errants incarnés? En d'autres lieux et continents, l'ordinateur sert à la conquête de marchés ou. ... l' intelligence.

Et vous le negro des tropiques? On vous sert ragougnasse et ça marche ! Dans votre exercice nous pouvons competir si ça vous dit!

Misérable !

 8   Lomevia | Mardi, 31 Janvier 2017  - 16:39
  @ Fantasmagoric

Je n'ai même pas pris la peine de continuer après avoir lu les deux premiers paragraphes de ta sauces insipide mélangée de globules de gobie et de gbokaya, la nourriture affectionnée des soudards. Ton raisonnement est celui d'un soudar dans l'esprit. Sous-instruit et mal nourri.

Va te cacher dans la caserne.

 7   fantasmagoric | Mardi, 31 Janvier 2017  - 16:6
  Réponse à 4-EB_Toutmosis3
  Cher EB_T, vous faites trop la courte échelle à votre Zinsou écrivain du surréalisme. C'est un militant des années 50/60 pamphlétaire. C'est extraordinaire comment le gars slalome entre les lignes et la mémoire courte.
Personne ne nie l'intelligence relative du pere Olympio, certains citoyens togolais restent sur leur faim quant à cette période quand les adeptes du CUT ont la mémoire sélective :

- Quelles étaient les alliances strategiques du jeune Etat alors qu'on refusait l'instauration d'une armée? La Présidence togolaise était à 2 mn Aflao, on savait l'inimitié entre les 2 pays.

- Pourquoi les héritiers de cette époque "oublient" souvent le référendum et le vol du Togo britannique ? Qui était leader en 56/57?

- Industrialisation du Togo en 63?lesquelles privatisées ou nationalisées ou services financiers?

- Création monnaie sur quels agrégats macroeconomiques pour 1,5 millions habitants? La réalité, c'était contre la France par acrimonie or Olympio faisait escale à 2 pas de l'Élysée pour New York. .. (paradoxe)

.....Et politiquement c'est dommage de ne pas reconnaître qu' Olympio était un cadre supérieur et n'avait la carrure d'un Jomo Kenyatta, S. Toure ou N'Kruma (disparus dans l'indifférence quasi anonyme par leur méthode de gouverner). Vous ne trouverez jamais dans les discours de ces leaders une erreur stratégique d'unification conduisant à l'indépendance. Or chez nous, nous avions des régionalistes et nationalistes intermittents, Ewelandais/Togolandais et pour couronner tout l'indépendance acquise, des partis adverses interdits ...réfugiés au Dahomey et ailleurs "des traitres"; ou encore défiance habite encore certains citoyens de ce pays en transhumances territoriales. Bref personne n'!est plus togolais originaire.

Le militantisme littéraire, c'est bien. Mais quand l'intelligence l'accompagne c'est encore mieux. Surtout quand les récipiendaires sont ailleurs avec des documents étrangers en poche, serinant
un patriotisme suspect. Ça s'appelle courage fuyons !!

Cordialement EB_T, bonne journée chez vous ! !!

 6   Lomevia | Mardi, 31 Janvier 2017  - 11:36
  Cette œuvre de mémoire romancée est une idée géniale et un projet fondammental pour les générations prochaines. Vivement que son ecriture continue et s'acheve tôt.boucoup de citoyens seront prêts à appuyer sa publication large.

 5   LE BALZAC TOGOLAIS | Mardi, 31 Janvier 2017  - 11:20
  Réponse à 4-EB_Toutmosis3
  Hotep mon frère EB_Toutmosis3. Merci de rappeler ici pour les gens de notre génération( j'étais un adolescent de 16 ans en 1963) dont j'imagine que tu fais également partie, rien qu' à la lecture de ton texte. T'appuyant sur les souvenirs du grand-frère SAZ, tu fais bien de rappeler opportunément ce jour sombre du 13 janvier 1963 où un éclipse s'était abattu sur la ville de Lomé et au demeurant sur tout le Togo, au sens propre et figuré. Béniglanto où nous habitions à l'époque n'était pas loin de la maison de Sylvanus Olympio. Mais je me rappelle comme si c'était hier des jeeps de l'armée passant en trompe devant notre maison d'où l'on pouvait voir des soudards tirer en l'air pour effrayer la population une fois leur vilenie assouvie. Jeunes, et donc inconscients du danger que nous courrions face aux féroces déchaînements de la soldatesque honnie, nous étions sortis dans la rue pour voir ces renégats en uniformes débraillés venant d'accomplir leur basse besogne pour le grand bonheur de leurs maîtres blancs, pour une vile récompense. Et laquelle!
Je sais que le grand-frère SAZ, mémoire vivante de l'histoire du Togo, en a plus d'une à nous raconter sur cette période qui plongea le Togo dans les ténèbres. Je souhaite qu'il nous en éclaire davantage, surtout afin que la jeune génération togolaise s'approprie l'histoire brutale de l' assassinat du père de l'indépendance.

 4   EB_Toutmosis3 | Lundi, 30 Janvier 2017  - 22:54
  Bonjour,

Comme je l’ai toujours répété, on apprend énormément en lisant les textes de SAZ. C’est avec difficulté que j’arrive à me délaisser de la vingtaine de pages de cette publication que j’ai "printées". Je préfère toucher des doigts les pages que de les parcourir sur écran. Honnêtement, l’aîné SAZ est un garant de notre mémoire collective. Les noms des quartiers, des rues, le père G. dans son pénible sacerdoce, etc., me parachutent plain-pied comme si j’étais à Lomé. Un vrai régal pour les yeux comme l’a mentionné le premier intervenant.

L’assassinat crapuleux du premier president démocratiquement élu n’a été qu’une vraie conjuration des médiocres, des nègres bonasses et bébêtes, des gueux et des analphabètes, prêts à vendre l’indépendance du pays chèrement acquis au prix dérisoire de "de 350.000 CFA".

Des ânes bâtés, véritables illettrés dressés et employés à jouer les postiches dans la déstabilisation de notre pays…."(...) mais la plupart était en débraillé; deux ne portaient pour toutes chaussures que des sandalettes en plastique (....) Le commandant qui savait manier le bâton et la carotte, à l’égard de ceux qu’il considérait comme de grands enfants, se mit à rire, sortit son porte-monnaie, en tira quelques billets qu’il remit à Et, le bon garçon. Celui-ci rit à son tour, d’un rire de cheval." Dixit SAZ

Des ignares, des moins que rien, véritables sauv@ges gloutons de la pire espèce dont les borborygmes nidoreux peuvent s’entendre à mille lieues…. "Qu’à la « table ronde » de ce jour de Libération, l’on donne vraiment libre cours à toutes les orgies…que non seulement les boissons de toutes sortes y coulent en abondance, mais aussi que de gros morceaux bien graisseux de viande de bœuf, mouton, poulets, pintades et gibier, il ne faut pas oublier le gibier ( biche, sanglier, buffle, baleine…) (....), y débordent des assiettes avec force riz…-" dixit SAZ

Voici la vermine sans vision, sans humanité, que la put@ine de France a imposée à notre pays dans son intolérance négrophobe pendant plus d’un demi-siècle… « Hé, les gars, libérez-vous du joug du Portugais orgueilleux et arrogant! (....) Ce Portugais ne réalisera pas son projet de création d’une monnaie nationale, de sortir de la zone franc, de poursuivre son rêve d’une Afrique indépendante. Il voulait se rendre ce 13 janvier chez le Libérien Tubman. Quelle idée de fréquenter les anglophones, alors que nous avons donné en Afrique Occidentale française…le meilleur conseil qui soit, le Conseil de l’Entente parrainé par le bon père Houphouët avec la Côte d’Ivoire, le Dahomey, la Haute Volta et le Niger ? Demeurer dans la famille bien française, c’est ce qu’il leur faut. Mais, non ! Olympio ne veut pas. Il préfère s’acoquiner avec les sujets anglais, parce qu’il a été formé à Londres. D’ailleurs il parle anglais avec plus d’aise et plus de plaisir que français. Il parle même allemand et n’hésite pas à recourir aux Boches pour certains de ses projets. Cet Olympio a tout et va tout faire pour s’éloigner de la France. Heureusement qu’il existe une rivalité entre lui et Nkrumah pour le leadership dans la région et le Togo britannique. Bien sûr que nous jouons sur cette rivalité. Ah, ce sacré démon de Nkrumah ! Nous devons, bien sûr tout faire pour que son histoire d’indépendance totale, en particulier sa politique de création de la monnaie nationale échoue pour que son exemple n’entraîne pas les nôtres. On peut compter sur les Anglais. Pour le moment, nous avons besoin de le jouer Nkrumah contre Olympio. Chaque chose en son temps. En tout cas, on ne va pas se laisser faire… » Dixit SAZ

Seulement 3 années de gouvernance, le president Sylvanus Olympio dont l’austérité politique dépasse les frontières togolaises a réussi en 1961 une balance commerciale positive, une recette budgétaire de l’ordre de de 3.044.664.000 de franc CFA qui passera à une hausse de 236 millions un an après alors que les dépenses intérieures sont maîtrisées à 104 millions de franc CFA. Des usines sortent un peu partout du sous-sol togolais et une vraie politique d’urbanisation et de développement sont mises en marche.

Plus d’un demi-siècle d’une gestion politique confisquée, une gestion économie opaque, un favoritisme purement analphabète et bête, idiotement labélisé "mesdèfrèreisme", ont pu seulement doter le pays d’un mouroir cyniquement baptisé au nom du president Sylvanus Olympio ainsi qu’un surendettement abyssal, suicidaire.

Pouaaaahhhhhh…"bordelisme", incompétence, fainéantise, mensonge, tromperie, manipulation, enfumage, malhonnêteté intellectuelle, simulacre de démocratie, etc., voici la liste de quelques valeurs républicaines que la putaine de France exporte dans nos pays, ma parole!!!

Vie, Santé, Force et Unité!

 3   LE BALZAC TOGOLAIS | Lundi, 30 Janvier 2017  - 7:26
  Réponse à 1-Lomevia
  Cher grand-frère
Comment ne pas se délecter(une fois encore!) à la lecture de ce texte qui remet au goût du jour ce genre littéraire hélas occulté de nos jours: l'ironie. Je ne sais pas si la tienne est mordante, mais en tout cas, elle en appelle à la conscience des Togolais. Bravo grand-frère et merci encore.

 2   viviti | Dimanche, 29 Janvier 2017  - 13:33
 
Fantastique!!!

Très nourrissant... mon dimanche est sauté. Merci Grand frère.

 1   Lomevia | Dimanche, 29 Janvier 2017  - 13:21
  Ce texte est un régal. Bravo à SAZ!


TOUTE L'ACTUALITE
► POLITIQUE
► SPORTS
► SOCIETE
► ECONOMIE ET FINANCES

► Envoyez-nous vos contributions
Afrique : Toute l'Afrique
Afrique du Nord : Algérie   Maroc   Tunisie
Afrique de l'Ouest : Bénin   Burkina-Faso   Côte d'Ivoire   Ghana   Guinée   Mali  
Nigeria   Sénégal   Togo
Afrique Centrale : Burundi   Cameroun   Centrafrique (Rép)   Congo   Congo RDC   Gabon  
Rwanda   Tchad
ARTICLES LES PLUS RECENTS

© EXIN MEDIA. Contactez-nous. | Politique de vie privée | Partenaires
Commparer pour le meilleur pret auto| | Comparatif vpn sur Meilleur vpn.net | | .
Toutes les infos sur comparateur-de-mutuelle.info pour votre mutuelle
Serrurier Paris 6| Comparateur gratuit de rachat de credit sur rachat-credit-entre-particulier.com