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Le coucher des institutions de microfinance : WAGES risque aussi de subir le même sort que IDH


chronique - finances et economie (64)

LE REPUBLICAIN | | Commenter |Imprimer Lu : 9440 fois



« Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien », disais le philosophe français René Descartes. Dans notre précédente parution N°169 du mardi 28 septembre dernier, nous publions un article intitulé : « Les microfinances sont-elles toutes dans la tourmente ? Que dire de la subvention accordée par l’AFD à Wages ».

 Au lendemain donc de notre publication, un publi-reportage a été spontanément organisé et publié dans certains journaux et sur certains sites par Wages, voulant prendre à contre-pied les termes de notre article. Même le profane en communication, pour ne pas dire tout professionnel de la communication, comprend que le directeur général, Nassirou Ramanou, fait une fuite en avant par sa stratégie.

Comme son nom l’indique, un publi-reportage est un reportage publicitaire et moyennant de l’argent pour sa diffusion. Il ne répond pas nécessairement à la ligne éditoriale de l’organe qui la diffuse. Et sur ce point, nous comprenons bien des confrères sauf si quelques uns veulent lui faire plaisir en publions des articles qui ne répondent guère à la déontologie du métier.

Cependant, des interrogations subsistent sur ce qu’il convient d’appeler la « contre-offensive » du DG Nassirou Ramanou.
Pourquoi c’est au lendemain de notre publication que M. Nassirou Ramanou a jugé bon d’organiser et de multi-publier dans les journaux et sur les sites Internet son fameux publi-reportage ? Que se reproche le DG de Wages, M. Nassirou, au point de ne pas nous adresser un droit de réponse en bonne et due forme s’il s’estimait diffamé ? Enfin, se souvient-il de cette phrase «…je suis journaliste, ne l’oublier pas… » ? Si non, un élément sonore peut l’édifier car nous avons toujours la preuve de ce que nous avançons. Mais le débat n’en est pas encore là.

Pour revenir aux faits, nous nous posons toujours de questions sur le choix de WAGES à bénéficier de la subvention de l’Agence Française de Développement, AFD. Ne se serait-elle pas trompée en travaillant beaucoup plus avec l’image fictive de WAGES plutôt qu’avec sa réalité eu égard aux nombreux problèmes de gouvernance et de pratique peu recommandées du directeur général de cette institution ? Comprend celui qui veut comprendre que le débat n’est pas au niveau de l’AFD mais de la gestion calamiteuse de Wages par son directeur général et ce sera absurde de se limiter à de simple masturbation intellectuelle pour prouver le contraire.

En effet, WAGES est une ONG issue de l’institutionnalisation d’un projet de crédit aux femmes lancé par CARE International en 1994. Elle est reconnue officiellement depuis 1999, régie et supervisée dans le cadre de la loi PARMEC. Les services offerts sont, le crédit de groupe et individuel, ordinairement accompagnés par une épargne. L’actuel DG, Nassirou Ramanou, est à la tête de l’institution depuis 1998 après avoir été agent, superviseur, chef de projet.

Mais voilà, depuis quelques années, il règne au sein de cette institution un climat nauséeux qui ne dit pas son nom et qui risque d’asphyxier, voire emporter, les adhérents si rien n’est fait.
Ainsi, des rapports de plusieurs missions confirment des dysfonctionnements à Wages aux plans juridique, comptable, de la gestion du crédit, du contrôle interne et d la sécurité.

Les rapports des différentes missions sont catastrophiques pour Wages
Une mission de contrôle de PLANET RATING(basé à Paris) effectuée en janvier 2004 relevait déjà d’insuffisance au sein de Wages et la notait d’institution « à surveiller ». Le système de contrôle interne comporte de nombreuses faiblesses. L’institution n’est pas suffisamment protégée contre les risques de fraude et de malversation indiquait le rapport. Les mesures de sécurisation de la liquidité sont insuffisantes et le système est très vulnérable à la fraude, ce qui arrange naturellement le DG.

En 2007, une autre mission, cette fois de MICROFINANZA RATING (basé à Milan en Italie), vient relever des dysfonctionnements graves au sein de Wages, en plus de ceux relevés par PLANET. Ainsi, MICROFINANZA tirait la sonnette d’alarme sur « des épisodes de fraude, impliquant aussi des membres de l’équipe de management » en cours depuis 2005. Et de préciser, « Les différents cas de fraudes et malversation qui se sont produits lors des dernières années ont mis en pleine lumière les sérieuses défaillances qui caractérisent le système de contrôle interne en place. Cela expose l’institution à d’importants risques opérationnels qui, de fait, pénalisent l’efficacité du fonctionnement et impactent fortement sur la rentabilité de l’institution ».

Malgré les appels à l’ordre, le sieur Nassirou Ramanou a préféré les ignorer mettent au défi l’autorité compétente.

Dans le souci de protéger les fonds des citoyens, le ministère de l’économie et des finances a effectué une mission conjointe avec la BCEAO en septembre 2007, au sein de WAGES. (Le ministère de l’économie effectuera plus tard, en 2008 et 2009 d’autres missions mais cause perdue). La mission conjointe a relevé également d’affreux dysfonctionnements aux plans comptable, de la gestion du crédit, du contrôle interne et de la sécurité. La non adoption du manuel de procédure de contrôle interne, administratif, comptable et du plan d’affaires ainsi que le non respect des textes que les dirigeants ont eux-mêmes établis et adoptés laissent champ libre notamment au Directeur Général, M. Nassirou Ramanou, de se livrer à des malversations.
Conscient des dérives au sein de Wages, le ministère de l’économie et des finances a effectué une inspection complète de Wages en 2008 et une autre sur place l’année dernière c’est-à-dire en 2009. Le résultat est le même : véritable fiasco.
Ainsi, l’inspection complète de Wages par le ministère de l’économie (seul cette fois) en 2008 suivie d’une autre en 2009 dit clairement que des « …anomalies relevées à la mission de 2007 demeurent d’actualité… ». Les inspections contactent que les recommandations de la mission conjointe BCEAO/CAS-IMEC de 2007 ne sont pas respectées notamment « l’adoption du manuel de procédures de contrôle interne, administratif, comptable et du plan d’affaires ».

Le Conseil d’Administration
Ainsi le Conseil d’Administration n’existe que par la volonté du seul directeur général et constitue ce qu’il convient d’appeler un club d’amis beaucoup plus préoccupés à protéger le DG plutôt qu’à jouer son rôle de sécurisation du patrimoine, d’orientation, de contrôle et d’apporteur de véritables valeurs ajoutées aux actions de l’exécutif.

C’est fort de ce soutien que le directeur général, à plusieurs reprises, défi l’autorité de la CAS-IMEC (Cellule d’Appui et de Suivi des Institutions Mutualistes ou Coopératives d’Epargne et de Crédit) et même du ministère de l’économie et des finances en refusant notamment de mettre en œuvre, dans le délais, les différentes recommandations pour la bonne gestion de l’institution.

MICROFINANZA RATING soulève dans son rapport en 2007 « un certain déséquilibre entre le poids de la Direction et celui du Conseil d’Administration » qui impact sur l’effective capacité de contrôle et direction du CA même.

La mission conjointe Ministère de l’économie et BCEAO à Wages estime quant à elle ne pas pu s’assurer de « la représentativité des sociétaires de l’institution qui participent à l’Assemblée Générale, en l’absence d’éléments attestant leur élection lors des assemblées générales de secteurs pour élire leurs représentants… ». La dernière AG remonte en 2004. Mais dans son publi-reportage, la direction générale évoque la tenue d’une Assemblée Générale en juin 2010. Une pure diversion car comment comprendre qu’on ait laissé pourrir la situation pour s’amener à organiser une AG en juin 2010 histoire de court-circuiter les services de contrôle. Attendons de voir…

Détournements de fonds
Dans sa réaction à notre publication, le DG estime qu’il n’y a «pas de place au détournement à Wages». Cette phrase a fait sourire tous ceux qui connaissent les pratiques habiles de M Nassirou. Toutes les missions de contrôle ont clairement signifié des détournements de fonds au sein de Wages. Celle conjointe Ministère de l’économie et BCEAO relève que « l’évolution des activités entre 2004 et 2006 est également marquée par plusieurs détournements de fonds d’un montant total de 194,8 millions de francs CFA opérés par des agents de l’institution » Des pratiques de détournement de fonds sont initiées par des méthodes biaisées qui se caractérisent aussi souvent par des surfacturations ou des inventions.

Ainsi, « en absence d’un répertoire des personnes apparentées et des fournisseurs de biens et de services, la mission n’a pas pu s’assurer des conditions de transparence des passations de marchés ». L’examen des états financiers au passage de la mission indique notamment que « le Directeur de l’institution a bénéficié, le 21 décembre 2005, au titre d’une mission au Bénin, d’une avance de 700.000 FCFA qu’il a justifié le 16 mars 2007, soit près de quinze (15) mois après la fin de la mission. Ainsi, le montant de l’avance (700.000 FCFA) est largement supérieur aux dépenses que celui-ci a finalement effectuées (239.550 FCFA) ; soit un reliquat de 460.450 FCFA ». Le rapport évoque l’acquisition d’immobilisations pour un montant de plus de 58 millions FCFA en l’absence de budget d’investissement et le fait de n’avoir pas procédé à un appel à concurrence lors de la passation des marchés. Dans sa stratégie de détournement de fonds, la mission relève que « un même code a été attribué à plusieurs biens ». Ceux qui connaissent le directeur général de Wages estime que l’homme est prêt à tout pour parvenir à ses fins quand il s’agit de billets de banque. On dit aussi qu’il rumine en lui un cynisme aigue qu’il cache habituellement sous un air innocent et ironique. Dans la foulée, la mission constate « le recours à une société de détective (ndlr : il en existe au Togo ?) dans le cadre d’une affaire de retraits frauduleux sur le compte de Wages à la Banque Internationale pour l’Afrique (BIA). Les motifs qui ont déterminés cette option dont le coût du service se chiffre à 950.000 FCFA ne sont pas mentionnés dans les documents mis à la disposition de la mission. Du reste, Wages n’a pas sollicité de la BIA le remboursement (ndlr : c’est curieux) des frais engagés dans le cadre de cette affaire où la responsabilité de celle-ci a été établie ».

Est- il besoin de rappeler que les 26 millions FCFA de l’AFD, contribution aussi importante soit elle, ne représente qu’à peine un an de salaire pour le seul Directeur Général, Nassirou Ramanou, sans les avantages en nature ?

Nous le disions. La non adoption du manuel de procédure de contrôle interne, administratif, comptable et du plan d’affaires ainsi que le non respect des textes que les dirigeants ont eux-mêmes établis et adoptés laissent champ libre notamment au Directeur Général, de se livrer à des malversations.

Pour preuve et parmi tant d’autres, M. Nassirou Ramanou, avait sollicité et obtenu de la BOAD en 2005 un financement de 11.830.000 FCFA pour la mise à jour du manuel de procédure de contrôle interne, administratif, comptable et du plan d’affaires. Comment comprendre que 5 ans après l’encaissement de cette somme, des rapports des institutions crédibles puissent faire cas de l’absence du manuel de procédure de contrôle interne, administratif, comptable et du plan d’affaires pour lequel on a pris de l’argent?

En effet, dans une requête de financement, Réf.115/W/847, adressé à PUFS/BOAD, M. Nassirou Ramanou écrivait bel et bien ce qui suit : « Ces subventions sollicitées seront destinées au financement de la mise à jour des différentes procédures de Wages et de l’étude d’impact de l’exécution de la convention… ». A quoi ont-elles servi finalement ?

Même, une correspondance du ministre de l’économie M. Adji Otèth Ayassor en date du 20 Mars 2009 et adressée à la Présidente du Conseil d’Administration de Wages Mme AHONSOU Sanmélé Akouvi, est revenue sur les « insuffisances aux plans juridique, comptable, de la gestion du crédit, du contrôle interne et de la sécurité ».

Par ailleurs, le rapport d’une mission du ministère de l’économie et des finances en 2008 et celui de l’inspection de 2009 indiquent que « la direction confirme qu’en 2007, un réseau de 5 à 6 personnes a détourné plusieurs millions de FCFA ».
En clair, il existe bel et bien une gestion opaque de Wages et un pillage systématique des biens des citoyens. Le pire est à craindre.

Nassirou Ramanou, l’Homme qui tourne en ridicule le ministre AYASSOR
Dans la foulée, le D.G Nassirou Ramanou bafoue les recommandations des missions de contrôle et met au défi l’autorité compétente. Il s’évertue dans les chiffres d’exportation et d’activité et ouvre la caisse de l’institution aux opportunistes pour le soutenir dans ses basses besognes.
Il tourne souvent en bourrique le ministre Ayassor supposé être un homme de rigueur dans le travail. Il dit à qui veut l’entendre que ce n’est pas Ayassor qui fait le travail mais ses collaborateurs et il sait les mettre en haleine.

Commentaire
A notre grand étonnement, le publi-reportage que le DG a commandé présente des incohérences inimaginables. Au niveau des chiffres présentés c’est même une honte de dire que le total de l’actif est de 10,57 milliards, puis en parlant de l’encours de crédit de dire qu’il est de 101 milliards alors que l’encours de crédit fait partie du total de l’actif. On prend dès lors que c’est une gestion à vue de M. Nassirou Ramanou.

Dans une comptabilité d’IMF où l’encours de crédit seul dépasse le total de l’Actif, on ne peut que conclure que l’institution se porte à merveille! C’est pourquoi nous défions M. Nassirou de nous dire l’essentiel sur les chiffres en parlant d’abord de la solidité de l’assise financière. Les fonds propres réels de Wages sont de combien? Ensuite, de combien sont les dettes remboursables? C’est un défi que nous demandons au DG Nassirou de relever.

En tout cas le fait de dire que l’encours est de 101 milliards n’est qu’une petite tromperie, n’est ce pas?

Des rapports des institutions spécialisées dans l’évaluation des performances du système de gouvernance des institutions de microfinance ont relevé tour à tour, et ce depuis plusieurs années, de sérieux dysfonctionnements au sein de WAGES. Des différents cas de fraudes et malversations ont été cités. Les graves problèmes de gestion, de pratiques de détournement de fonds savamment instituées dont souffre WAGES ne sont que le résultat de l’inobservation des règles élémentaires de bonne gouvernance. WAGES a une situation critique avec les institutions de la république notamment le ministère de l’économie et des finances qui ne cesse de la sommer. D’ailleurs, la BCEAO vient d’emboîter le pas au ministère. Dans un ‘’rapport 2010’’ qui circule dans les coulisses de l’institution régionale, la gestion de Wages est jugée catastrophique. Elle est donc sommée d’améliorer ses performances et d’assumer une viabilité pouvant redonner confiance aux membres. Ce qui rejoint l’injonction du ministre de l’économie et des finances, M. Adji Otèth Ayassor, qui déclare dans une correspondance aux responsables de Wages que « votre institution s’expose aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur ». (Réf : N°1018/MEF/SG/CAS-IMEC).
A l’allure où vont les choses, le ministère de l’économie sous l’autorité du gouvernement, peut décider de mettre Wages sous administration provisoire de l’Etat comme ce fut le cas de IDH-Microfinance. Que les adhérents n’en soient pas surpris quand l’information va tomber un beau matin. Mais il y a une évidence. On s’efforce au ministère de l’économie et des finances pour sauver les meubles.

En clair, au lieu de monter une partie de la presse contre notre organe LE REPUBLICAIN, autant s’occuper aussi à sauver les meubles avant le déluge final car la survie de nos populations en dépend. N’est-ce pas M. le directeur général ? De toute façon, nous ne serons guère surpris de voir une partie de la presse, sur votre initiative, s’attaquer à nous le lendemain. On en serait davantage ravi si on nous prouvait le contraire de nos informations.

Nous y reviendrons et cette fois avec les chiffres et les références.

Ben KITEGI



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