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Cameroun La controverse électorale au sein de l’Église catholique à la Une au Cameroun


société

Apanews | | Commenter |Imprimer Lu : 248 fois


La polémique entre prélats de l’Église catholique, sur l’appréciation de l’élection présidentielle du 7 octobre dernier et qui a vu la victoire du chef de l’État sortant Paul Biya, passionne les journaux camerounais parus lundi.

La guerre de petites phrases entre les archevêques de Yaoundé et Douala, les métropoles politique et économique du pays, transpire en couverture du quotidien à capitaux privés de langue anglaise The Guardian Post, qui se penche sur le cas Jean Mbarga, auteur la veille d’une sortie médiatique contredisant son homologue Samuel Kléda.

Le deuxième prélat cité, étaye la publication, par ailleurs président de la Conférence épiscopale nationale (CENC), est ouvertement pris à partie pour ses critiques contre le régime de Yaoundé, en général et le déroulement de la dernière présidentielle, dont il conteste les résultats.


Les deux hommes de Dieu écrivent, chacun de son côté, une épître sur les résultats de la présidentielle du 7 octobre dernier, renchérit Intégration, un affrontement qui met en péril le précaire équilibre au sein de l’Église catholique qui est au Cameroun.


La crise entre les deux dignitaires religieux, jadis d’accord sur certains thèmes sociopolitiques (crise anglophone, corruption), est survenue en décembre 2017 lorsque Mgr Kléda s’est ouvertement opposé à la candidature de Paul Biya à la dernière élection présidentielle.
La victoire de Biya divise Samuel Kléda et Jean Mbarga, résume Défis Actuels : les deux évêques sont en désaccord sur la crédibilité des résultats de l’élection du 7 octobre dernier, le président de la CENC pensant, comme les acteurs politiques, que seule la révision du Code électoral pourra favoriser l’alternance politique au Cameroun.

«Le Cameroun a voté des lois et des procédures qui humanisent et légalisent le processus d’accès aux postes de responsabilité notamment la présidence de la République. À partir du moment où ce processus a joué son rôle, inéluctablement, la personne qui en sort élue est légalement constituée et a droit à la reconnaissance de tous les citoyens», explique Jean Mbarga dans une longue interview au quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune.


C’est que Mgr Kleda, qui se fait remarquer par des prises de position partisanes, parfois va-t-en guerre, mais toujours en porte-à-faux avec celles des pouvoirs publics, est désormais «vomi par tous», appuie Repères.


Il est même difficile, ajoute le bihebdomadaire, de ne pas croire au soutien apporté par l’archevêque de Douala au président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et candidat malheureux à la présidentielle, Maurice Kamto.


Pour InfoMatin, inutile d’aller cherche loin : l’archevêque de Douala a pris fait et cause pour le parti politique sus-évoqué, lui qui, depuis des mois, «agit comme un véritable leader politique de l’opposition, critiquant à tout va, dessinant le profil du ‘’bon’’ chef de l’État du Cameroun et prodiguant des consignes de vote à la cantonade».


Pour L’essentiel, Mgr Kleda n’est rien d’autre qu’«un évêque politisé» : avec le ton et la manière, l’archevêque de Douala marche sur les traces de son illustre prédécesseur et mentor, le cardinal Christian Tumi, dont les prises de position à l’encontre du régime Biya sont des plus critiques.


De plus en plus isolé, l’attitude de l’évêque métropolitain de Douala est également, selon Mutations, décriée par l’Observatoire du développement social, une organisation qui accuse le président de la CENC de «diffuser des messages de haine et d’appel au soulèvement dans les médias et réseaux sociaux, dans le but de discréditer le processus démocratique en marche au Cameroun et qui reste perfectible».


Encore que ce ne serait pas la première fois que ce type de phénomène se vit dans le monde, acquiesce InfoMatin : «Ailleurs, des hommes d’Église ont ouvertement tombé la soutane pour s’engager dans la sphère politique. C’est leur droit légitime, en tant que citoyens. Que Samuel Kléda, aujourd’hui, se proclame clairement de l’opposition ne serait point un acte de blasphème.»




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