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Togo Affaire Bolloré : vache logorrhée ou vache dorée ? (Par Aliou TALL)


opinions

iciLome | | 5 Commentaires |Imprimer Lu : 2893 fois


Non aux APE, vive les PPP : tel est le paradoxe des dirigeants africains qui disent Non à l’OMC et au GATT, mais disent Oui à Bolloré et consorts. En concédant massivement des services publics et la réalisation des grandes infrastructures à des entreprises étrangères, les Etats africains ruinent, de l’amont à l’aval, la croissance de leurs économies et des entreprises locales qui sont bannies de leurs propres marchés, devant le pouvoir économique, la pression diplomatique et la force corruptrice du lobbying des multinationales étrangères. Les soupçons de corruption dans l’attribution de concessions portuaires en Afrique, qui ont valu à Bolloré une garde-à-vue et une mise en examen, justifient des investigations par les justices africaines, et un encadrement plus rigoureux des appels d’offres internationaux et des PPP.

Y a-t-il une vache logorrhée sur la corruption en Afrique ?
Pour sa défense, Bolloré brandit l’existence de préjugés sur la corruption en Afrique, dont il serait victime par ricochet. Mais la corruption en Afrique n’est pas un mythe, ni un fantasme exubérant. C’est une réalité. En Afrique de l’Ouest, elle est tellement diffuse dans les mœurs qu’on peut penser qu’elle résulte d’un héritage culturel. Nul besoin d’être curieux ou de jouer au Colombo pour y voir un policier michetonner publiquement un chauffeur qui vient d’enfreindre le code de la route. Il y est normal de solliciter un proche ou un agent de l’Etat pour obtenir des documents administratifs apocryphes, un emploi ou des avantages non mérités. Un guinéen, un sénégalais, un malien ou un ivoirien qui est formaté dans ce système sociétal de corruption, ne se débarrassera pas systématiquement de son cortex corrupteur/corrompu, s’il devenait président de la république ou ministre dans son pays. Avec la pauvreté et le retard économique, la corruption s’est banalisée en Afrique : Elle est devenue une bouée de survie pour ceux qui tirent le diable par la queue et qui sont disposés à piétiner leurs valeurs morales. Elle est un raccourci d’enrichissement illicite pour ceux qui n’ont aucun scrupule à vampiriser un peuple déjà exsangue. Seuls le développement économique, l’émancipation de la population, son niveau d’instruction et d’avertissement sur les enjeux de l’Etat, et une justice indépendante feront reculer la corruption qui gangrène les Etats africains.
Le groupe Bolloré est présumé innocent jusqu’à ce que le contraire soit prouvé. Mais si la procédure judiciaire en cours révélait l’existence d’une corruption des gouvernements africains, ce serait une grave immixtion dans le jeu politique et une perversion de la compétition électorale en Afrique. Cela conforterait les accusations sur le néocolonialisme politico-économique français en Afrique, sous le vocable de la Françafrique ; et celles sur la déstabilisation programmée des économies africaines par des lobbies prêts à tout pour fructifier leur business.

Il y a bien une vache dorée africaine pour les concessionnaires français !
Il est paradoxal que l’Afrique de l’Ouest refuse les Accords de Partenariat Economique (APE) avec l’Union européenne, et multiplie en même temps les concessions et les Partenariats Public-Privé (PPP) au profit d’entreprises européennes. C’est à cause de la fragilité de leurs économies que les pays africains s’agrippent aux avantages de la convention de Lomé en matière d’échanges avec l’Europe, et refusent l’uniformisation des règles commerciales, promue par le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) et l’OMC (L’organisation Mondiale du commerce). Notamment par le refus de la clause de la « nation la plus favorisée ». Alors pourquoi fragiliser davantage les économies africaines par le recours généralisé aux concessions pour la réalisation des grandes infrastructures ?
D’une part les pays africains réclament le maintien des préférences commerciales avec l’Europe. D’autre part, ces pays, qui font partie des moins avancés du système des Nations Unies, promeuvent leur aliénation économique par des investisseurs privés européens. Ce schéma montre clairement que l’intérêt privé des dirigeants africains est en jeu dans l’attribution des concessions à des multinationales comme Bouygues, Vinci, Eiffage, Bolloré Africa Logistics, etc. Ces dirigeants africains savent bien que les clauses, les restrictions et les avantages prévus dans ces contrats créent un déséquilibre contractuel au profit des entreprises étrangères. S’ils ferment leurs yeux sur cette sinécure, c’est parce qu’ils y trouvent un intérêt personnel ; et qu’au final, c’est le pauvre citoyen et le consommateur africain qui sont dépouillés pendant des décennies. Les économies africaines souffrent doublement de ces pratiques. En amont, une nébuleuse lobbyiste peut compromettre le libre jeu de la concurrence dans les appels d’offres, et s’octroyer des marchés par le clientélisme ou la corruption. A l’aval, le pays cédant s’enferme dans une concession pouvant durer 40 ans, en se privant du savoir-faire et des plus-values qu’il pouvait tirer de la réalisation des infrastructures.


Sans être vache, il faut investiguer sur la légalité de la vache dorée africaine offertes aux concessionnaires français.
Avec la mise en examen de Bolloré et de dirigeants de son groupe, la justice française dira si le rôle joué par Havas dans l’élection des présidents Alpha Condé et Faure Gnassingbé, a été déterminant dans l’attribution des concessions portuaires en Guinée et au Togo.
Dans les 46 pays africains où le groupe Bolloré prospère, des enquêtes devraient être menées pour savoir s’il y a eu corruption d’agents publics ; trafic d’influence ; abus de biens sociaux ou abus de confiance pour obtenir des concessions. Les justices guinéennes et togolaises devraient ouvrir le bal en ouvrant des enquêtes, si elles sont indépendantes. Tous les gouvernements africains ayant octroyés des concessions au Groupe Bolloré devraient faciliter les investigations, s’ils ne se reprochent rien. L’opposition et la société civile dans ces pays doivent exiger la transparence sur les concessions octroyées à des multinationales.
L’enquête entamée par la justice française sur le groupe Bolloré pourrait s’intéresser aux conditions d’attributions des concessions dans d’autres pays d’Afrique, comme le Sénégal. Sous le régime du président WADE, le Groupe Bolloré avait perdu la concession du terminal à containers du Port de Dakar, au profit de Dubaï Ports World. Mais huit mois après l’élection de Macky SALL, le terminal roulier dudit port est concédé à Bolloré pour une durée de 25 ans. Y a-t-il eu des manœuvres irrégulières ? Youssou Ndour a-t-il joué un rôle dans l’attribution de cette concession à Bolloré ? Est-ce une récompense à un soutien qu’aurait apporté Bolloré à la campagne présidentielle de Macky SALL ? Les enquêteurs français pourraient se poser ces questions, qui préoccupent déjà certains sénégalais. Leur enquête pourrait devenir une pieuvre judiciaire aux tentacules susceptibles d’étouffer les vaches dorées des concessionnaires français en Afrique. Une pieuvre qui peut, et devrait en générer d’autres dans les systèmes judiciaires africains. Le cas échéant, les dirigeants africains impliqués dans des micmacs financiers au détriment de la démocratie et de l’économie de leurs pays, seraient dégommés. Wait and see !

Aliou TALL

L'AUTEUR
Aliou TALL
Président du Réseau Africain de Défense des Usagers, des Consommateurs et du Citoyen
(RADUCC)
Email : raducc@hotmail.fr



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 5   Jaloux vont maigrir | Jeudi, 3 Mai 2018  - 8:48
  Réponse à 4-Tikata
  Excellents résultats pour le port de Lomé
03/05/2018
Excellents résultats pour le port de Lomé Le PAL sert les pays enclavés
L'activité du port autonome de Lomé a connu une croissance significative en 2017, a indiqué son directeur général, Fogan Kodjo Adégnon.

Davantage de navires (1.375) et près de 20 millions de tonnes traitées ; + 38,14% par rapport à l'année précédente.

Selon M. Adégnon, ce qui a boosté l'activité est le trafic de transbordement et de transit qui ont doublé.

Le début d'année est également encourageant avec une progression de 15 à 18% selon les activités.

'Ces chiffres confirment notre vision de faire du PAL un hub logistique pour l'ensemble des ports de la sous-région car notre place portuaire reste la seule à ce jour apte pour accueillir les super conteneurs sur la côte ouest-africaine', a indiqué le directeur général du port.

L'organisation des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) classe le Togo parmi les pays africains les mieux connectés sur le plan maritime.

Il est à la 4e place.

Les dirigeants du PAL n'ont pas l'intention d'en rester là. D'autant que les ambitions affichées par certains pays voisins en matière d'infrastructures portuaires risquent d'aiguiser la concurrence.

 4   Chromosome 21 | Jeudi, 3 Mai 2018  - 8:47
  au togo tout est de la faute de l'opposition, y compris la corruption du pouvoir politique en place. Franchement il faut y croire pour pondre de pareilles aneries...

 3   Kagourou | Jeudi, 3 Mai 2018  - 8:42
  Le problème de l' Afrique plus pertinemment de l' Afrique Francophone est profond car, cela part de notre naissance jusqu' à ce que nous devons "responsable". Qui pourrait croire que Macky Sal que la diaspora Africaine avait applaudi pour son accession au pouvoir pourrait devenir un président irresponsable? son jeu pendant le coup d' état le plus idiot du monde au Burkina Faso est incroyable.
Pour notre pays le Togo, je ne pense pas que même si nous arrivons à gommer ce régime du pouvoir cela mettra fin aux phénomènes de corruption. Comme le poste 3 l' a si bien dit, l' opposition Togolaise est aussi corrompu, le peuple Togolais est corrompu. Peu dans la diaspora seront immunisé contre la corruption, il suffit de regarder bien le visage des lauréats de réussites diaspora de 2016 et vous vous rendez compte qu' aucun d' eux ne sera vierge.
C' est dire que le noir Africain est malade.
Effectivement, le comportement surtout des entreprises Françaises en Afrique empêche les entreprises locales à évoluer. Si on nous chante tous les jours qu' il faut entreprendre, ou aider les jeunes à entreprendre, comment voulez-vous que les PMEs Africaines surtout Togolaises se développent alors que les entreprises Françaises adoptent des comportement déloyales avec le support de certaines autorités locales ? et dans tout ca qui pert? l' Afrique et c' est precisement ce que veut la France, la France ne veut pas voir l' Afrique s' epanouir et puisque nous sommes idiots, on contribue.

 2   Tikata | Jeudi, 3 Mai 2018  - 8:21
  Le corrupteur corrompt ses sujets.
S'il n'ouvre pas la porte et n'est pas corrompu lu même, cela lui et facile de lutter contre ce fléau. S'il se tait, c'est que son cas est très grave en corruption. Voilà pourquoi ce gouvernement se retrouve dans un état de mutisme face à la découverte de son manège avec Bollo et son systheme.
Rien ne se cache sous le soleil.
On va les dementeller one by one

 1   Wacemgate | Jeudi, 3 Mai 2018  - 6:57
  prenons le cas du Togo, qui n' est pas corrompu? Les députés d' une opposition s' entendent au Parlement avec leurs adversaires pour s' octroyer 85% d' augmentation de salaire?
Les cadres de l'ANC qui sont conseil juridique pour des étrangers de Wacem qui surexploitent leurs concitoyens ?
L' ANC qui ne réclame plus de sanctions en cas de corruptions ?
Le soignant qui fait du matériel de premier soins fourni par l' Etat un commerce dans l' hôpital où il est employé ?
L' enseignant qui échange des points contre le jeune corps de son élève?

Il nous appartient à nous togolais d' analyser et de trouver des soltuions aux maux dont soufre notre société


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