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Togo Crise politique togolaise : Faut-il (déjà) changer de médiateur ?


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Le samedi 16 décembre 2017, une manifestation de soutien au peuple togolais organisée à Accra a été dispersée par la police ghanéenne. Dans la foulée, 19 personnes ont été interpellées.

Dans une audio circulant sur les médias sociaux, l’auteur, qui se présente comme un Ghanéen d’origine togolaise et un fin connaisseur de la vie politique ghanéenne, met l’opposition togolaise en garde contre la duplicité du président ghanéen, non pas seulement du fait de ce malheureux incident, mais aussi à cause de la longue histoire de collaboration secrète entre le régime togolais (de père en fils) et l’actuel parti au pouvoir au Ghana, le NPP (Nouveau Parti Patriotique). Il réagissait ainsi à l’audio de Tikpi Atchadam dans laquelle ce dernier plaçait beaucoup d’espoir dans la médiation que mènera prochainement le président ghanéen, Nana Akufo-Addoh.

Au début des années 90, c’était un secret de polichinelle que le président Eyadema avait largement soutenu financièrement le NPP. Les militants du NPP ne le cachaient pas. Pour Eyadema, il s’agissait d’un parti qui pouvait faire tomber son ennemi juré John Jerry Rawlings, soutien de l’opposition togolaise. Par conséquent, l’auteur de l’audio suggère à l’opposition soit d’être extrêmement vigilante, soit de carrément demander à la CEDEAO le changement du médiateur.

Vigilante, oui l’opposition togolaise doit l’être. Non pas parce que Akufo-Addoh est le médiateur, mais parce que cette opposition a affaire à un régime qui n’a pas encore dit son dernier mot. Le régime compte damer les pions à l’opposition du début jusqu’à la fin, afin que le dialogue qu’il a appelé de ses propres vœux échoue. Car si les points que l’opposition voudrait voir inscrits à l’ordre du jour du dialogue étaient pris en compte, il s’agira donc de discuter de la fin du régime plutôt que de sa survie. Mieux vaut donc son échec, et le régime multipliera les coups tordus pour que le dialogue échoue ou qu’il ne se tienne même pas. Le refus obstiné de libérer TOUS les détenus politiques en est une illustration pour quiconque croit en la bonne foi du gouvernement.

Mais dire que l’opposition doit demander un changement de médiateur serait un pari très risqué : dans l’audio en question, l’auteur rapporte que lors de la visite de Macron au Ghana, lui et son hôte avaient parlé des opposants togolais comme des « radicals », des politiciens radicaux en anglais. C’est tout dire. Quel que soit celui des deux présidents qui a utilisé ce terme, c’est que cela exprime déjà une vision biaisée partagée sur la politique togolaise. L’un a pu utiliser ce terme parce qu’il est sûr que son interlocuteur partage cet avis. Cela signifie aussi que la médiation ghanéenne recherche des signes qui pourraient justifier sa description de l’opposition comme étant un groupe de radicaux. Dans ce cas-là, demander un changement de médiateur pour des motifs comme la dispersion d’une manifestation ne ferait que mettre de l’eau au moulin de tous ceux qui, dans la communauté internationale et dans l’entourage du président ghanéen, sont pressés de jeter l’anathème sur l’opposition togolaise afin de continuer le business avec la famille régnante du Togo. Et nous le savons, ceux-là sont nombreux.

Tout n’est pas blanc dans une médiation, et tout ne peut pas être noir. Tout est question de vigilance. Le fait que le président ghanéen soit issu d’un parti qui a eu – et a peut-être encore – des accointances avec le régime togolais ne signifie pas nécessairement qu’il est contre l’opposition togolaise.

La résolution des conflits nous apprend qu’un médiateur compétent est celui qui parvient à gagner la confiance des deux parties bien avant le début des discussions. Il ne s’agit pas d’une confiance totale, mais d’une confiance nécessaire pour la résolution du conflit. La dispersion de cette manifestation met à mal la confiance que l’opposition peut avoir en le médiateur ghanéen. Mais en tant que médiateur, il se peut qu’il ait un parti-pris personnel qui peut vite être corrigé par le sérieux dont l’opposition saura j’en suis sûr, faire preuve. Ce sérieux comprendra entre autres, une stratégie de communication avec le médiateur qui respectera les normes diplomatiques, c’est-à-dire une communication qui ne dépende pas des aléas de la politique intérieure du Ghana.

L’objectif du dialogue n’est pas d’avoir un médiateur parfait, issu d’un parti parfait ou d’un pays parfait. L’objectif est de résoudre la crise qui touche le Togo. Cela signifie que quelles que soient les carences du médiateur, c’est l’objectif poursuivi qui compte.

Le destin d’au moins 7 millions de personnes est en jeu.

L'AUTEUR
Samari Tchadjobo
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