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Togo Une armée ethnicisée et tribalisée


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La vérité sur l’armée togolaise

Ce n’est un secret pour personne. Le problème togolais, c’est l’armée. L’épine dans les pieds du Togo, et qui l’empêche d’aller à fond de train à la démocratie, c’est l’armée. Autrement, comment comprendre que là où les autres ont réussi à implanter solidement la démocratie dans leurs pays, le Togo, lui, peine toujours, comme des ânes, à y parvenir ? Pourquoi les armées des autres pays ont-elles libéré leur peuple de la dictature, alors que rien ne bouge du côté de celle du Togo ? L’armée tunisienne a libéré son peuple de l’autocratie. L’armée égyptienne a libéré son peuple de l’autocratie. L’armée Burkinabè l’a de même fait, il y a si peu. Elles sont nombreuses les armées dans le monde à libérer leurs pays de la tutelle d’une famille. L’armée zimbabwéenne vient également de le faire par une opération que l’on peut qualifier de chirurgicale, qui est faite par d’excellents médecins qui passent désormais pour des héros au Zimbabwe. On n’a déploré aucune victime, mais la cible visée a été atteinte. Devant toutes ces lumières éclatantes et aveuglantes, pourquoi l’armée togolaise se complaint-elle dans l’inaction ? Pourquoi s’obstine-t-elle à rester dans cette obscurité insultante, dans cet obscurantisme indigne des officiers ? Doit-on conclure qu’il n’est pire sourd que celui ne veut pas entendre ? Pourquoi l’armée du Togo continue-t-elle à garder ce « voile d’ignorance » qui lui sied si mal ? Pourquoi tous les messages envoyés par les Togolais de tous bords à son endroit pour regagner la lutte du peuple reste comme toujours sans réponse ? Pourquoi est-il si extrêmement difficile de lui faire retourner sa veste ? La réponse n’est pas à chercher loin; elle n’est pas à chercher midi à quatorze heures. Elle est sans aucune équivoque et on n’a pas à délibérer longtemps avant de la trouver. C’est une armée forgée pour protéger une seule famille. Elle est régalienne; elle n’est pas républicaine; elle n’est jamais nourrie de lait de la vertu démocratique. Elle est au service d’une famille et non du peuple qui pourtant fait tout pour elle. Pour être plus claire, l’armée togolaise est une armée ethnicisée et tribalisée à dessein. Et tout le problème du Togo gît là. Les observateurs étrangers soucieux du manque de démocratie en Afrique, en général, et au Togo, en particulier, n’hésitent pas à le souligner avec pertinence : « Les forces armées en Afrique sont fortement tribalisées; elles sont au service d’un seul homme. Et ceci est toujours l’œuvre de la France pour protéger les oligarques qui sont là pour ses intérêts et non pour ceux des Africains. ‘‘Le cas du Togo, pays le plus militarisé du monde, avec un ratio de un militaire pour 250/300 habitants, constitue sans doute un paroxysme : ‘‘Jamais armée africaine n’a été aussi ethnicisée ou tribalisée que l’armée togolaise’’, avec une surreprésentation des militaires issus du Nord et tout particulièrement de l’ethnie kabyè, et du village natal de l’ancien dictateur, Pya, dont l’école militaire a longtemps été dirigée par un Français’’. » (Raphaël Granvaud, Que fait l’armée française en Afrique ? Paris, Agone 2009, cité par Thomas Tchakie Sékpona-M., dans Racisme et malaise dans l’humanité, Paris, L’Harmattan, 2016, p. 83) Tous les postes-clés dans l’armée sont occupés par les officiers du Nord. Les différents chefs de corps, les commandants d’unité sont, toutes proportions gardées, du Nord. La plupart sont du Pya et des villages environnants. Bref, l’armée togolaise est bâtie autour de l’ethnie kabyè comme le confirme Comi M. Toulabor qui, d’ailleurs, renchérit lorsqu’il écrit : « Sur les 13 000 hommes qu’elles [les Forces armées togolaises] comptent, 10 000 viennent de la partie septentrionale du pays et les 3 000 restant du Sud. Parmi ces 10 000 hommes du Nord, 7 000 sont Kabyè, et parmi ceux-ci 3 000 sont originaires de Pya, le village natal du Président. Alors que les Kabyè se situent entre 10 et 12 % de la population, ils représentent en revanche à eux seuls 53,84% des effectifs des Forces armées, dont 23 % de Pya, pendant que le Nord dans son ensemble se taille 76,92 % […]. L’encadrement des Forces armées togolaises, est aussi presque entièrement entre les mains des Kabyè. En effet, sur ses 300 officiers, 50 sont du Sud, alors qu’ils sont 250 pour le Nord, parmi lesquels 200 Kabyè, dont 50 pour le seul village de Pya. Par ailleurs, aucune des 26 unités de commandement qui composent l’ossature des Forces armées togolaises, n’est confiée à un ressortissant du Sud. Sur les 17 unités commandées par des Kabyè, 10 le sont par des officiers de Pya, tandis que les 7 reviennent aux autres groupes ethniques du Nord. » Voilà comment se présente le casting ou la distribution des rôles dans les Forces armées togolaises. Que peut-on alors attendre d’une telle armée ? La question reste posée ?

L’appel pathétique du peuple

Malgré le fait que le peuple a déjà tout compris et a pris son destin en main, il ne faut pas oublier de souligner à l’attention des officiers de l’armée togolaise que c’est quelqu’un qui fait toujours quelqu’un. C’est quelqu’un qui a fait Faure président. C’était devant nous tous. Et nous avons aussi vu comment il a été reconnaissant envers ceux qui l’ont fait ce qui est. Ce n’est pas parce que Faure vous a faits commandants en chef, généraux qu’il faut oublier l’aspiration de votre peuple. Le peuple ou la patrie est au-dessus de tout comme le dit Socrate. Condamné à mort et gardé en prison en attendant le retour des Athéniens de Délos, Criton, un ami d’enfance et du même dème, gagné par la peur, la tristesse, était allé proposer à Socrate de s’évader. Socrate y opposa un refus catégorique par objection de conscience. Et comme si cela ne suffisait pas pour convaincre Criton à se raviser, Socrate fit intercéder les Lois de sa patrie. Le peuple ou la patrie doit inspirer une pieuse crainte et doit être extrêmement au-dessus de tout, même de la vie : « Posséderais-tu un savoir qui te ferait oublier que, en regard d’une mère et d’un père et de la totalité des ancêtres, la patrie est chose plus honorable, plus vénérable, plus digne d’une sainte crainte et placée à un rang plus élevé, tant aux yeux des dieux qu’à ceux des hommes sensés; qu’il faut donc vénérer sa patrie, lui obéir et lui donner des marques de soumission plus qu’à un père, […], il faut le faire car c’est en cela que réside la justice. » (Platon, Apologie de Socrate/Criton, traduction de Luc Brisson, Paris, GF Flammarion, 2016, p. 206) Plus que l’aspiration, la volonté d’un peuple doit être l’objet de soumission totale; elle doit être au-dessus de la protection du pouvoir d’un individu, fût-il un roi, un empereur, un chef d’État. C’est en cela, et je le crois fermement comme Socrate, que réside la justice. Intervenir pour sauver son peuple du bain de sang n’est que justice de la part des officiers civilisés de l’armée d’un pays. Le pouvoir d’un seul individu, de Faure, ne vaut pas mieux que la vie des milliers et milliers des Togolais déjà tombés et qui risquent de tomber encore dans les jours à venir.

Ce n’est pas parce qu’on est de Pya, ce n’est pas parce qu’on a prêté allégeance à Faure, qu’il ne faut pas un jour le laisser tomber si on trouve, comme c’est le cas aujourd’hui, qu’il est rejeté, vomi par le peuple, qu’il est un mal-aimé. Dans la vie, la sagesse, c’est-à-dire l’intelligence recommande de préférer la dignité, l’honneur, donc le bonheur à l’argent. La richesse ne fait pas le bonheur, dit-on. Certes, elle y contribue, mais elle ne fait pas le bonheur. Le bonheur se trouve dans la pratique de la vertu, cette disposition permanente à faire le bien et à éviter le mal. Le courage, cette « fermeté extrême d’âme », est la vertu des soldats, des héros. Il force l’admiration et le respect. Le général Zimbabwéen qui a fait tomber Robert Mugabe devient incontestablement un héros. Ce que les Zimbabwéens attendaient depuis des années vient d’être fait sans effusion de sang. L’argent, oui, mais il ne remplace pas la vertu. La vertu est immortelle, alors que l’argent est mortel. Va-t-on un jour cesser de parler de Gandhi, de Luther King, de Nelson Mandela, de Thomas Sankara ? Mais non ! On ne parlera jamais de leur argent, mais bien de leur vertu, de ce qu’ils ont fait pour leurs pays, pour le monde, pour l’humanité. Ainsi sont-ils immortels. Les rues, les aéroports, les bâtiments, les lieux publics portent et porteront leurs noms. On parle et on parlera d’eux partout dans le monde, dans les écoles, dans les universités. Leurs noms sont gravés dans la mémoire de l’humanité. Alors les officiers de l’armée togolaise, pourquoi ne pas chercher à vous élever au rang qui vous convient ? Les Togolais veulent exulter comme les Zimbabwéens qui dansaient avec leur armée en sautant sur un pied et sur l’autre. Les togolais veulent aussi danser avec vous; ils veulent vous porter sur leurs épaules. Alors sortez de votre indolence qui risque d’être la risée du monde !

La menace de la Rue

Il y a deux menaces. La première, c’est la « Rue ». Désormais, les marches ne feront plus la mouche du coche en tournant en rond dans les rues. Elles toucheront juste. Elles frapperont dur sur le tendon d’Achille en investissant les lieux sensibles comme les Russes l’avaient fait en octobre 1917 et comme l’avaient aussi fait les Burkinabè en octobre 2014 : « À ce moment-là, 20 000 manifestants pénétrèrent dans les jardins du palais de Tauride; les députés perdirent tête. Quelques-uns, craignant d’être massacrés, descendirent dans la rue pour se confondre avec la foule. D’autres, […], jugeaient plus digne de rester, de tenir tête. […] ? Préoccupés, émus, se serrant l’un contre l’autre, même ceux qui avaient lutté pendant des années contre l’autocratie sentaient subitement qu’il existait quelque chose de terrifiant, de dangereux, dont ils étaient tous menacés. Ce quelque chose était ‘‘la Rue’’. » (Marc Ferro, La Révolution de 1917. La chute du tsarisme et les origines d’octobre, Paris, Aubier, 1967, p. 79) Je suis un « cinq-octobriste » togolais. J’invite ardemment nos jeunes à prendre la direction des lieux sensibles, à prendre de court tout le monde comme nous l’avions le 5 octobre 1990, à investir les lieux comme la Radio, la Télévision, l’Assemblée, la Présidence, les Commissariats, les Gendarmeries… et à y rester jour et nuit jusqu’à ce que Faure ne quitte le pays. Cette façon de faire les obligera à réagir et ce sera encore à notre avantage. Il faut pousser Faure dans le dos; autrement, il ne partira pas.

La deuxième menace, c’est que l’armée va encore tirer et tuer. C’est certain. Mais on ne la laissera pas tuer tout le temps les Togolais pour que Faure, un desperado, se parade à travers les villes et les villages, en mal de sentiment, d’amour, avec des chants des sirènes à la bouche, qui ne séduisent personne. Le monde entier a les yeux rivés sur l’armée togolaise. Un seul Togolais qui tomberait encore rendrait la circonstance très aggravante pour Faure et pour les autres. La lutte des Togolais n’est pas, comme Faure se plaît à le faire accroire, une bouffée, une tempête dans un verre d’eau. Le bateau du peuple togolais est désormais insubmersible, inchavirable. Nous irons jusqu’au bout. Nous irons à bon port. Ce qui comptent, et nous l’avons déjà, c’est « notre courage, qu’aucun des coups du monde ne peut abattre, notre inflexibilité et notre obstination, sur laquelle [l’armée togolaise] n’a pas de prise » (Max Stirner, l’Unique et sa propriété et autres écrits, traduction de Pierre Gallissaire et d’André Sauge, Lausane, l’Age d’Homme, 1972, p. 102)

Faure, il faut le dire, est à mal école; il est mal conseillé. Et il file un mauvais coton. Lorsque dans la vie, tu sais reconnaître tes fautes, tes erreurs, on te pardonnera. Mais lorsque tu t’entêtes, rien ne te sera pardonné. D’ailleurs, de mémoire d’homme, le peuple n’oublie pas facilement le mal qu’on lui a fait. Le peuple a toujours rendu le mal pour le mal, injure pour injure et coup pour coup. On l’a déjà vu et on le verra. C’est le peuple. Je parle du peuple. Alors, de deux choses l’une : les officiers de l’armée togolaise doivent choisir le parti qui leur donnera le moins de peine possible, et qui fera d’eux l’objet d’admiration et de profond respect, en laissant rapidement tomber Faure pour rallier la cause du peuple. Plus vite vous agirez, mieux ce sera pour nous tous.


Thomas Tchakie SEKPONA-M.

L'AUTEUR
Tchakie Thomas SEKPONA-M.
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