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Togo LA CDPA-BT & LE PROCESSUS POLITIQUE Vers quel dialogue ?


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- | | 3 Commentaires |Imprimer Lu : 833 fois


LA CDPA-BT & LE PROCESSUS POLITIQUE
Vers quel dialogue ?

La situation politique a inexorablement évolué vers un dialogue… Mais la nature du problème politique togolais est telle que les positions ne peuvent pas ne pas être tranchées comme elles le sont en ce moment… Où pourra se situer le compromis ? Et quel en sera le goût pour l’opposition ?

Le Bureau Exécutif National de la CDPA-BT est très préoccupé par l’évolution de la situation politique au cours de ces derniers mois. Il estime que le moment est venu de donner son point de vue sur cette évolution, et d’apporter aux membres du parti quelques informations de nature à permettre à chacun d’apprécier le cours des choses avec clairvoyance politique. Il appelle tous les membres du Parti à poursuivre la lutte d’opposition avec détermination et avec vigilance.

1- Le groupe des quatorze partis

Depuis la fin de la Conférence nationale, c’est la première fois qu’un si grand nombre de partis d’opposition ont accepté de se mettre ensemble pour agir ensemble, apparemment sans cet état d’esprit qui a toujours présidé la formation de ce genre de regroupement depuis des années. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Si l’on a vraiment compris maintenant que la confrontation ouverte entre l’opposition et le régime à partir du 5 octobre 1990 n’est pas une lutte entre partis d’opposition pour le pouvoir ou pour une parcelle de pouvoir dans le régime, mais une lutte pour mettre fin au régime de dictature lui-même afin de permettre au pays de se donner de véritables institutions démocratiques, alors l’opposition considérée dans son ensemble pourra mieux avancer à grand pas vers le changement.

2- La force de l’opposition… !

Depuis la fin de la Conférence nationale, c’est également la première fois que les manifestations populaires ont vraiment acculé le régime, et l’ont forcé à commencer à prendre l’opposition togolaise au sérieux ? C’est ce que montrent les décisions prises, souvent à la hâte, par le pouvoir depuis la veille des manifestations du 6 septembre :
- Envoi précipité d’un projet de réforme à l’Assemblée par le Gouvernement le 6 septembre 2017 ;
- Levée tout aussi inattendue de l’interdiction arbitraire des manifestations au cours de la semaine ;
- Surtout les dispositions contenues dans le communiqué du Gouvernement en date du 6 novembre 2017 …

Sans doute ces mesures inspirent-elles un fort sentiment de duplicité, de fausseté. Elles n’en constituent pas moins pour l’opposition prise dans son ensemble autant de victoires dans cette confrontation renforcée avec le régime despotique.

Nous avons toujours dit à la CDPA-BT que la force de l’opposition réside dans la force organisée de la masse des opposants. Dans le cours nouveau pris par la lutte d’opposition depuis ces derniers mois, il n’est pas superflu de le redire, à toutes fins utiles.

3- L’inacceptable discours de Temedja

Depuis plusieurs mois déjà, certains n’avaient pas arrêté de demander à Faure Gnassingbé de parler, en estimant avec tant de candeur qu’avec la position qu’il tient dans le régime, une parole venant de lui aurait pour effet de calmer le jeu et de rapprocher pour trouver une solution à « la crise ».

Mais quand Faure va finalement décider de dire quelque chose sur la situation politique en plus de sa brève allocution lors du congrès de son parti le 28 octobre, c’est pour aller tenir au camp militaire de Témédja, devant son parterre d’officiers, le curieux discours du 10 novembre 2017.
Un discours où l’appel à l’armée et la hargne contre l’opposition ne laissent filtrer aucune volonté de poser les vrais problèmes politiques de l’heure et de leur rechercher les vraies solutions.

Le discours de Témédja est inacceptable pour tous ceux qui aspirent réellement à la paix dans le pays. C’est en plus une faute politique. Une faute d’autant plus grave que le Gouvernement, dont Faure Gnassingbe est le chef, a publié le 6 novembre un communiqué qui passe pour être une volonté d’apaisement, et que l’on présente aux « extrémistes » du groupe des quatorze partis d’opposition comme une « main tendue » qu’ils sont tenus de prendre sans condition.

Le discours de Temedja est en contradiction totale avec l’appel au dialogue du communiqué du Gouvernement. On n’éteint assurément pas un feu avec un bidon d’essence !

4- Le dialogue ?

La situation a inexorablement évolué vers un dialogue. Un énième de plus. Le chef d’Etat du Ghana semble décidé de prendre les choses en main au nom de la CEDEAO. Il vient de rencontrer ce 14 novembre le groupe des quatorze dans la capitale togolaise, et compte faire de même avec le camp d’en-face.

On voit dans la démarche de la médiation une volonté de rapprocher les positions pour préparer les conditions de la tenue du dialogue. Mais la nature du problème politique togolais est telle que les positions ne peuvent pas ne pas être tranchées comme elles le sont en ce moment.

Dans ces conditions, où pourra se situer le compromis. Et quel en sera le goût pour l’opposition dans l’état actuel du rapport des forces ?

4- Le changement démocratique

Pour un certain nombre de raisons, le Bureau Exécutif National n’a pas engagé la CDPA-BT dans le groupe des 14 partis d’opposition aujourd’hui au-devant de la scène politique. Il préfère expliquer ces raisons lors du prochain atelier de formation des cadres du parti.

Au demeurant, dans l’état d’organisation actuel de l’opposition, tous les partis d’opposition ne sont pas obligés de s’afficher dans le groupe des 14 avant d’apporter leur contribution à la lutte en cours.

Ce que veut la masse des opposants togolais, c’est le changement démocratique. C’est pour cela qu’elle continue de se battre sans répit depuis des décennies. Elle n’y parvient pas en raison de la nature du régime certes, mais aussi à cause des contradictions qui ont miné la politique d’opposition jusqu’à présent.

Si donc les actions engagées par le groupe des quatorze partis d’opposition aboutissent à ce changement démocratique, la CDPA-BT ne peut qu’applaudir en communion avec toutes les autres catégories d’opposants. Tous ses membres souhaitent intensément qu’il en soit ainsi, afin que l’opposition togolaise parvienne à engager le pays dans la voie d’un progrès propice à l’amélioration des conditions de vie de la grande masse de la population.

Dans le cas contraire, il faudra évidemment rechercher ensemble des voies nouvelles pour poursuivre la lutte.

Lomé le 18 novembre 2017

Pour la CDPA-BT
Son Premier Secrétaire

L'AUTEUR
Prof. E. GU-KONU
CDPA-BT
Convention Démocratique des Peuples Africains Branche – Togolaise


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 3   BidjéguêBidjé | Vendredi, 24 Novembre 2017  - 19:27
  Sincèrement nous devons trouver une autres voie pour continuer la lutte. Le dialogue au Togo ne promet absolument rien.

 2   Clement Gavi | Vendredi, 24 Novembre 2017  - 8:5
  'Dans le cas contraire, il faudra évidemment rechercher ensemble des voies nouvelles pour poursuivre la lutte.'

La tyrannie, cette sanglante tyrannie, qui, depuis plus cinquante ans, est comme ce cancer qui ronge les Togolais et le Togo dans leurs âmes et dans leurs corps, est la matérialité d'une conviction soigneusement pensée et délibérément mise en œuvre. Cette conviction que sur terre, la où est la faiblesse, elle doit être exploitée sans appel. Ainsi, pour se réaliser il est normale que des millions d'autres végètent dans la misère et à qui ont sert des illusions.

La tyrannie, cette plaie béante, puante et repoussante qui s'est emparée du Togo et des Togolais depuis de décennies, est l'expression d'une terrible maladie, le cynisme dans sa nature réelle. Ce cynisme qui a comme outils, la violence, l'injustice, les privations, l'assassinat et qui se fourvoie en dialogues.

La sanglante et ignoble tyrannie qui se nourrit de la souffrance du Togo et des Togolais depuis 1963, exprime l'abîme d'une misère, celle de ces êtres, non seulement désespérés, mais également dépourvus de toute moralité et d'humanité, qui ne se doutent plus qu'ils n'ont rien crées et que ce qui est devrait signifier pour l'homme un gage, parce que la cause de ce qui est, est éternelle.

La dictature, c'est à dire cette forme de terrorisme qui a pris en otage tout un peuple depuis des années, est un acte, l'acte du diable sur terre.

Que faire face à un tel drame?

Avoir nécessairement le courage du pardon et le sens de la nécessité de la lutte. Car, si c'est un mal la vie dans les ténèbres, ténèbres représentées par cette tyrannie, c'en est un terrible de s'y résigner.
Il faut résister et résister encore. If faut résister pour être libre et libre pour pardonner.

Faure Gnassingbé doit partir.


 1   gnadoè | Jeudi, 23 Novembre 2017  - 21:53
  ce communiqué, véritable analyse politique digne de son signataire, mérite d'être salué et largement diffusé.


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