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Togo Holding togolaise des communications électroniques: vers un échec programmé ?


economie et finances

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Cina Lawson acculée hier dans une réunion par les chefs de division et section de Togo Télécom et Togocel Le processus de transformation ou de fusion de Togo Télécom et sa filiale Togocel longtemps annoncé a pris une vitesse de croisière depuis quelques jours. C’est désormais chose faite, sinon presque. Togo Télécom et Togocel vont enfin disparaître de l’espace des télécommunications au Togo et faire place à une nouvelle société dénommée Holding togolaise des communications électroniques (TOGOCOM).

C’est ainsi qu’en a décidé le Conseil des ministres du 13 juillet 2017. « Le Conseil des ministres a adopté quatre décrets permettant la finalisation du processus de transformation du groupe Togo telecom. Il s’agit d’une étape charnière dans ce processus de transformation du Groupe TOGO TELECOM. Le premier décret adopté par le conseil porte création, attributions et organisation de la société Holding Togolaise des Communications Electroniques (provisoirement abrégée TOGOCOM). Propriété de l’Etat, TOGOCOM, la société mère, est dotée d’un capital social de 1 000 000 000 FCFA. Elle est garante de l’efficacité du groupe dont elle définit la stratégie. A ce titre, elle fixe les objectifs et contrôle les résultats des filiales qu’elle détient à 100%. Le second décret porte création, attributions et organisation de la filiale infrastructure, temporairement dénommée « Togo Infracom ». Cette filiale est en charge des investissements à long terme ainsi que de la construction et de l’exploitation des infrastructures fixes et mobiles. Le troisième décret porte création, attributions et organisation de la filiale Service, temporairement dénommée « Togo ServiceCom ». Cette filiale propose des offres convergentes et innovantes (voix et internet, fixe et mobile) aux clients particuliers et aux entreprises. Enfin le quatrième décret porte création, attributions et organisation de la filiale Installation et support à la maintenance, temporairement dénommée « Togo InstallCom ». Elle est responsable de l’installation, de la réparation et de la maintenance des équipements. Chacune de ces filiales est dotée d’un capital social de 500 000 000 FCFA.

Avec l’adoption de ces décrets, le gouvernement engage de façon concrète la réorganisation du Groupe TOGO TELECOM pour le rendre plus efficace. Les bénéfices attendus pour notre pays sont multiples : l’amélioration de la qualité des services à la clientèle ; l’extension de la couverture de l’internet très haut débit à l’ensemble de la population et la baisse significative des prix qui devront s’aligner sur les prix les plus bas du continent », Peut-on lire dans le communiqué relatif au Conseil des ministres qui fait une précision de taille en ces termes : « Il est important de rappeler que cette transformation est une opération interne qui n’affecte pas les services et les opérations courantes ; les sociétés Togo Telecom et Togo Cellulaire étant rattachées en l’état à TOGOCOM. En attendant la mise en place effective des nouvelles structures, le conseil a instruit la ministre des Postes et de l’Economie numérique d’étudier avec toute l’attention nécessaire les aspects sociaux, techniques et financiers de cette transformation afin que celle-ci réponde aux objectifs poursuivis par le gouvernement ».

Togo Telecom/Togocel : dissolution de fait et création de 4 nouvelles entreprises

Le communiqué relatif au Conseil des ministres ne le dit pas expressément, mais il va de soi, à l’analyse des décrets pris que les sociétés Togo Telecom et sa filiale Togocel sont dissoutes et se sont fondues, comme de la cire, dans le grand panier à crabes à qui on peine à trouver un nom définitif. Dissoudre deux sociétés qui ne tiennent pas pour en créer 4, avec pour objectif de relever les défis, il faut être du régime en place pour croire à cet exploit. D’ailleurs, selon plusieurs sources autorisées, ce projet précipité de réorganisation du Groupe Togo Télécom, totalement différent du processus qui était en cours depuis plus d’un an, n’a pas suscité un enthousiasme au cours du Conseil des ministres en dehors de celle qui la porte. Un ministre et pas des moindres aurait eu même le courage d’émettre des réserves quant à l’efficacité de ce projet. Mais au sein du gouvernement Komi Selom Klassou, tous les ministres se promènent, mais n’ont pas le même prix; on ne peut rien refuser à celle qui porte ce projet, vu ses relations privilégiées (sic) avec le locataire du palais de la Marina.

Au commencement était la faillite de TOGO TELECOM sous Sam Bikassam
Tout a commencé en 2005, peut-être même avant. Au moment où les clés de la société étaient confiées à un ami de Faure Gnassingbé, Sam Bikassam Togo Télécom était plus ou moins au mieux de sa forme. Il s’ensuit alors une gestion des plus calamiteuses. Gabegie, marchés gré à gré commandés à des aventuriers en Chine, achats à coup de milliards de matériels neufs non adaptés ou ne répondant pas aux normes, pillage des fonds de la société pour les campagnes électorales du RPT.

Le pilotage à vue sur fond de pillage avait conduit la société au fond du gouffre. Face à la gravité des faits, le ministre des Postes et Télécommunications d’alors, Kokouvi Dogbé, un autre ami personnel de Faure Gnassingbé, retire les signatures au Directeur Général Sam Bikassam dont la gestion est des plus scandaleuses. Cet épisode a défrayé la chronique pendant des mois avant que le ministre ne perde son poste à la faveur d’un remaniement. Lorsque Cina Kokovi Lawson prenait fonction, TOGO TELECOM au creux de la vague était en cessation de payement de ses dettes, frôlait la cessation de payement des salaires dont une partie était prise en charge par sa filiale TOGOCEL.


Malgré ce bilan désastreux, le très controversé Sam Bikassam retrouve sa signature. Mais le come-back de celui qui aura mis la société à genou n’est pas de longue durée. Sam Bikassam est finalement débarqué et circule en toute impunité, conservant même certains avantages liés à son ancien poste. Rien de scandaleux, puisque sous Faure Gnassingbé les pilleurs bénéficient d’une impunité totale, mieux, d’une promotion. Quant aux entreprises ou sociétés d’Etat mises en coupe réglée, on leur change de nom, à l’image du FER, de la SOTOCO, de la SNPT, et le cycle macabre continue.

Pour redresser cette société au fond du gouffre, Cina Lawson envoie comme sauveur un homme qui connaît bien la maison, pour avoir aussi contribué d’une manière ou d’une autre à sa descente aux enfers. Romain Tagba, jusque-là Directeur de Cabinet au ministère des Postes et de l’Economie numérique est nommé DG intérimaire de TOGO TELECOM, une façon habile pour Cina Lawson d’éloigner de son cabinet l’un des derniers collaborateurs après avoir poussé tous les autres à la sortie, faisant de son ministère un département sans cabinet. Pour Romain Tagba, la tâche est immense voire titanesque ; une mission qui relève de l’impossible, tant la société est vraiment au fond du gouffre. C’est là que l’idée d’une fusion avec TOGOCEL, pour permettre de relever TOGO TELECOM, a germé.

Du projet de fusion de TOGO TELECOM et TOGOCEL …….

Courant 2015, le projet de fusion des deux sociétés a été annoncé. L’idée première était que la société mère et sa filiale qui font des investissements parallèles s’entendent, mutualisent leurs travaux et leurs moyens. Dans ce sens, certains travaux, comme la construction de la fibre optique, la maintenance des sites, les commandes de matériels devraient se faire ensemble afin d’aller à la création in fine d’un Groupe TOGO TELECOM. C’est ce projet de départ qui a reçu l’assentiment du personnel des deux sociétés. Le chef de ce projet de transformation a été désigné en la personne d’Ilagou AYEVA, un expert en la matière, neveu de l’insubmersible Barry Moussa Barqué. Les travaux étaient en cours avec les cadres des deux sociétés lorsqu’un matin, la ministre des Postes et de l’Economie numérique met au-dessus du projet et de l’expert Ilagou AYEVA, un cabinet du nom de MCKINSE.

Recruté gré à gré sans appel d’offres, ce cabinet a été envoyé pour récupérer les travaux effectués par l’équipe dirigée par Ilagou AYEVA. Pire, la ministre Cina Lawson prévoyait que les éléments du cabinet MCKINSE prennent les postes de DG et de certains directeurs des deux sociétés. En d’autres termes, les postes de DG des deux sociétés et leurs chefs de section auront chacun un doublon. Une mise sous tutelle perçue comme une provocation dans les deux sociétés.

Devant cette situation, les responsables des deux sociétés et leurs chefs de section adressent un courrier au Premier ministre Selom Komi Klassou pour l’informer des dangers d’une telle démarche et récuser par la même occasion le cabinet MCKINSE. Les signataires ont par la suite été reçus par le Premier ministre pour échanger sur les anomalies liées au projet. Les doléances ont été prises en compte et le cabinet MCKINSE a été écarté pour laisser de nouveau la place au groupe d’experts dirigé par Ilagou AYEVA. Komi Klassou a promis faire un compte rendu à son patron Faure Gnassingbé. Le groupe d’experts dirigé par Ilagou Ayeva continuait tranquillement ses travaux lorsque le 13 juillet, à la surprise générale, le Conseil des ministres prend 4 décrets pour annoncer carrément un autre projet qui ne tient en rien compte des travaux effectués.

… à la Holding togolaise des communications électroniques de Cina Lawson

La décision prise en Conseil des ministres le 13 juillet a pris de court les membres de l’équipe Ilagou AYEVA et provoqué une surprise générale au sein des deux sociétés où le personnel est non seulement confus, mais aussi inquiet. « En attendant la mise en place effective des nouvelles structures, le conseil a instruit la ministre des Postes et de l’Economie numérique d’étudier avec toute l’attention nécessaire les aspects sociaux, techniques et financiers de cette transformation afin que celle-ci réponde aux objectifs poursuivis par le gouvernement », précisait le communiqué relatif au conseil des ministres. Une semaine après, conformément à ces instructions, le ministère fait venir un cabinet canadien qui doit accompagner les deux sociétés sur les aspects sociaux, techniques et financiers.

Avant même le début des travaux, les délégués et les directeurs des deux sociétés avaient rappelé qu’il n’y aura aucun licenciement parce que les problèmes de TOGO TELECOM qui ont conduit à ce processus ne proviennent pas des employés, mais bien d’autres personnes qui se la coulent douce d’ailleurs. Mais à l’entame des premières discussions avec le cabinet canadien, le mardi 18 juillet, les responsables des ressources humaines des deux sociétés se sont rendu compte qu’un plan de licenciement et de départ volontaire est bien sur la table. Mais devant la complexité du dossier, le cabinet canadien envisagerait un retrait.

Un flottement qui n’était pas du goût de la ministre qui met de côté les Canadiens et ramène le cabinet MCKINSE que les directeurs avaient déjà récusé. La suite de ce feuilleton s’annonce tendue et palpitante. Déjà hier lors d’une réunion à la Sazof, les chefs de division et de section des deux sociétés ont assailli la ministre de questions. Dans ce processus de réorganisation, et connaissant les habitudes au Togo, il est normal que dès le départ, le personnel s’assure de la préservation des emplois.

Cina Lawson est restée floue sur certains aspects, même si elle a assuré les responsables présents que les emplois seront préservés. Une autre préoccupation soulevée est le rôle des fameux cabinets qu’on colle aux deux sociétés et dont les prestations reviennent très chères à la société TOGOCEL qui règle les factures. Selon une source, les montants colossaux payés à ces cabinets et aux consultants depuis le début du processus suffisent pour relever TOGO TELECOM de sa faillite. Le processus est rentré désormais dans sa phase pratique et les difficultés ne tarderont pas à surgir, reste à savoir si le cabinet MCKINSE imposé hier pour accompagner cette réorganisation pourra être à la hauteur.

TOGOCEL : la caisse noire du ministère des Postes et de l’Economie numérique ?

Dans un dossier consacré au ministère des Postes et de l’Economie numérique dans l’une de nos parutions précédentes, nous avions mis en relief les graves dysfonctionnements de ce département. Depuis plusieurs années, c’est le ministère qui voit augmenter de façon exponentielle son budget lorsqu’on jette un regard sur les lois de finances successives sans que l’on constate le moindre impact dans le vécu des Togolais en termes d’usage des télécommunications. Parallèlement, c’est le département qui s’est vidé de tous ses cadres. Ce ministère sans Directeur de cabinet, sans Secrétaire général, est le plus atypique ou fantomatique du gouvernement de Selom Komi Klassou. Pour la ministre Cina Lawson, les cadres en télécommunication ne sont suffisamment pas compétents à son goût, pire, le Togo serait un désert de compétences, pour parler comme un président de la région.

Ce sont donc les consultants étrangers que la ministre sollicite pour l’aider quotidiennement dans ses tâches, ses projets, avec à la clé des factures très onéreuses à la charge non de son ministère, mais de la société TOGOCEL. Une grande partie des recettes de cette société est aspirée par les consultants et d’auttres dépenses fantaisistes sur lesquelles nous reviendrons dans les moindres détails. Parmi ces experts ou consultants, il y a un qui est plus que permanent au Togo, qui parle et représente l’Etat togolais dans les grandes réunions, au grand étonnement des experts du FMI et de la Banque mondiale qui se demandent s’il n’existe aucun Togolais compétent pour représenter ou parler au nom de ce pays.

Sakho Oumar Diene, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est sénégalais, ancien directeur de l’ARTP et responsable de plusieurs institutions dans son pays. C’est l’homme à tout faire du ministère. Payé à 4 millions par mois par Togocel, plus que le Premier ministre du Togo, tous ses avantages sont également à la charge de la société de téléphonie mobile, à savoir les billets classe affaire, les frais de missions, son véhicule, l’entretien, le carburant, le logement, les soins de santé, etc. Le coût du billet classe affaire de l’un de ses derniers voyages qui remonte au début du mois de juillet, pour 5 jours, a été de plus de 9 millions de francs CFA à TOGOCEL. Le ministère lui-même met à rude épreuve les caisses de la société pour des dépenses onéreuses.

Holding togolaise des communications électroniques, un projet voué à l’échec.

L’idée qui consiste à fusionner TOGO TELECOM et sa filiale TOGOCEL, dans le but d’utiliser les bons résultats de la seconde pour relever la première n’est pas si mauvaise en soi. Mais le processus, tel qu’il est conduit actuellement, vise des intérêts inavoués. On assiste à un bradage voire une vente en pièces détachées des télécommunications du Togo, un secteur non seulement stratégique, mais aussi porteur de croissance dans tous les pays au monde. Et pour y arriver, tout a été mis en œuvre durant des années pour mettre en difficultés le secteur et s’en servir après comme prétexte. Cela fait plus de trois ans que les projets de fibre optique, de 4 G qui devraient servir à rendre plus fluides les serveurs de TOGOCEL, avec une incidence sur les coûts de communication, n’ont jamais connu de suite au ministère. Ces dossiers urgents ont été rangés dans les tiroirs. Rien à ce stade n’est évident que les objectifs seront atteints.

Le projet en cours porte les germes de son échec, à l’image de l’OTR dont la gestation avait aussi fait l’objet de vives critiques de la part des spécialistes. Le Bénin et le Niger se sont aussi lancés dans cette aventure, sans succès. Mais au Togo, on ne semble pas tirer des leçons de ces échecs. Les holding se multiplient au sommet de l’Etat et ne servent qu’à des intérêts obscurs. La fameuse Togo Invest Corporation dont les vrais détenteurs sont inconnus, a fait main basse sur le secteur pétrolier depuis plusieurs mois. Shell a été poussée dehors et une société dénommée T-OIL aux actionnaires fantômes a, depuis, poussé sur ses cendres. La mafia qui gère désormais le secteur du pétrole au Togo loge dans le sous-sol du ministère du Commerce (anciennen BCEAO) avec des portes blindées et des caméras de surveillance partout. C’est le reprère du fameux Adzakli, le cerveau de toutes les magouilles dans le secteur.

Tout porte à croire que c’est le même schéma pour les télécommunications où ceux qui s’organisent à démanteler actuellement le secteur en plusieurs morceaux, dans un faux processus dit de réorganisation, sont les mêmes qui récupèrent les choses derrière les rideaux. Voilà ce que devient un pays lorsque les dirigeants sont aussi des commerçants.



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