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GILCHRIST OLYMPIO SERAIT-IL LE FOSSOYEUR DU CHANGEMENT AU TOGO?


local - zoom (51)

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  Tous les médias n'ont qu'un qualificatif pour désigner Gilchrist Olympio : "opposant historique" au régime d'Eyadema. Comme vous pouvez en douter, cette expression semble procurer beaucoup de plaisir à l'intéressé. Chaque fois qu'il l'entend, il fait le dos rond et sourit dans son for intérieur en se disant que sa victoire, et non celle du peuple togolais, est certainement proche. Contrairement à toute apparence qu'il affiche, Gilchrist ne supporterait aucune contradiction, surtout lorsqu'il s'agit de sa vision de la libération du Togo des mains des Gnassingbé. De même, l'homme n'accepte aucune compromission avec son ce régime usant des moyens d'un autre âge pour s'accrocher. Ce faisant, il apparaît aux yeux de l'opinion publique comme un homme incorruptible et l'opposant le plus radical à la dynastie dirigeante. Nonobstant sa définition étriquée de la démocratie, il pense être incontournable pour l'avènement du véritable changement dans notre pays et se comporte comme tel. Ainsi, il s'octroie le droit de parler en notre nom et interdit les autres membres de l'opposition de faire autant notamment lorsqu'il s'agit des décisions importantes ou quand ceux-ci ne vibrent pas à la même fréquence que lui sur un sujet donné. Enfin, il se considère plus responsable que ses associés de circonstance qu'il utilise souvent comme des fusibles.

Avant de poursuivre toute analyse, il s'avère donc indispensable de connaître un peu plus l'homme qui se cache derrière le nom OLYMPIO que tous les Africains des années 60 connaissent? Quelles sont les véritables raisons de son "combat"? Serait-il l'homme providentiel pour un Togo démocratique? Quel rôle joue-t-il dans le processus de démocratisation de notre pays? Quelle considération a-t-il pour le peuple Togolais et ses compagnons de l'opposition? Qu'aurait-il pu faire pour nous éviter la situation actuelle?... Autant de questions qui méritent des réponses.

PREMIER CHAPITRE:
Quand les éléphants se battent, ce sont les souris qui trinquent.

Point n'est besoin de vous rappeler que Gilchrist est bien l'un des fils du père de l'indépendance du Togo, feu Sylvanus Olympio. Depuis l'assassinat crapuleux de celui-ci, Gilchrist nourrirait la haine pour tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, auraient participé à cette forfaiture. Pour cela Eyadema, auteur du crime (autoproclamé avant de se rétracter), et la France, le commanditaire, étaient pour lui synonymes de Satan, infréquentables et toute personne qui collabore avec Eyadema apparaît peu recommandable à ses yeux et non fréquentable par lui. Ainsi pour son exil, il aurait préféré les pays anglo-saxons notamment la Grande Bretagne et les USA plutôt que la France pour ne plus avoir à faire aux assassins de son père. Il y avait, avant cet événement tragique, suivi de brillantes études notamment à l'université de Hamilton, à l'université d'Oxford et à London School of Economics où il retournera de 1987 à 1989 comme Academic Visitor.

Entre 1963 à 1970, il fit une carrière internationale successivement au service des études fiscales et financières des Nations Unies et au département Afrique du Fonds Monétaire international (FMI). Naturellement à ce dernier poste, durant 6 ans il œuvre sur des dossiers relatifs à l'économie notamment sur l'Afrique de l'ouest et intervient comme Maître de conférence à l'institut du FMI. Parallèlement l'homme installe son quartier général à Accra au Ghana. Chef d'environ une demi dizaine d'entreprises, officiellement il parle business avec les Ghanéens et les Ivoiriens. Mais en réalité, à 192 km de la Présidence Togolaise, il n'était un secret pour personne que son principal dessein était de se faire un jour introniser à Lomé si possible par la force. D'ailleurs, jusqu'au milieu des années 90 le Ghana lui servira de base arrière dans ses multiples assauts et tentatives de conquête du pouvoir par les armes. Au début, il aurait commencé par des actions isolées de plasticage d'édifices publiques principalement à Lomé. Puis se détermina à en découdre avec Eyadema, alors le professionnalisme supplanta l'amateurisme. L'homme investira donc pour s'équiper en armes de guerre, former des jeunes et mettre au point tous les réglages possibles pour réussir un bon coup. Il y a aura environ une demi douzaine de sérieuses tentatives sans qu'aucune permette à Gilchrist d'assouvir son dessein. Désormais dans la capitale Togolaise, tout bruit qui s'apparente à une détonation de bombe est synonyme d'attentat terroriste, même une simple explosion de pneu de véhicule passait à l'actif de Gilchrist. Pire, le régime parviendra à nous faire croire que l'explosion en 1988 de la chaudière de la Brasserie du Bénin, sise dans la banlieue Agoè, était due à un plasticage, donc œuvre de Gilchrist. Pourtant cet accident industriel avait pour cause une défaillance technique de l'équipement.

Comble de malheur, chacune des descentes armées, réelle ou virtuelle, sur le Togo était une opportunité pour Eyadema de trier l'ivraie des "bonnes graines" au sein de son armée singulière. Ainsi, comme au cours de la nuit des longs couteaux sous l'Allemagne Hitlérienne, des officiers, des hommes de troupe et mêmes des paisibles et honnêtes citoyens en l'occurrence des hommes d'affaires sont, à tort ou à raison, passés aux armes sans jugement ou purement lapidés par des militaires au camp RIT de Lomé. Les plus chanceux sont soit jetés en prison pour haute trahison et complicité avec l'ennemi d'Etat (entendez Gilchrist) ou soit accusés de détournement de deniers publics ou de fabrication de billets de banque. C'est ainsi que Eyadema et sa milice de renseignements (l'équivalente de la Gestapo sous les nazis) vont programmer et exécuter la mort, entre autre, du Général Ameyi et des Colonels Tépé et Akpo malgré plusieurs dizaines d'années de dévouement et loyaux services. Ceux qui sont arrivés à passer entre les mailles des rets, doivent leur salut aux aveux imaginaires et affabulatoires.

A ces victimes accusées officiellement d'atteinte à la sûreté d'Etat et à la personne d'Eyadema et celles dont l'assassinat était masqué sous la couverture d'être tombées armes à la main sur le champ de bataille, il faut à chaque fois ajouter plusieurs dizaines de personnes civiles qui par malheur se trouvaient au moment de l'épuration sur les trajectoires des balles de nos bourreaux. Aussi Eyadema finira-t-il par assimiler la leçon de sa vie qui a commencé au petit matin d'un 13 janvier 1963 et diagnostiquer la principale cause des cauchemars qui hantent ses nuits même en compagnie des épouses de ses fidèles : Gilchrist Olympio. Pour ne plus répéter la même erreur (laisser la descendance de ses victimes en vie) au cours de ses purges programmées il éliminerait systématiquement jusqu'à la famille entière de certaines victimes dont la complicité avec Gilchrist semble être prouvée à ses yeux.

Enfin, en 1993 Gilchrist se décida à utiliser des moyens légaux et démocratiques mais Eyadema va l'en empêcher sous prétexte que son certificat médical était signé par des médecins non Togolais de Val de Grâce et de l'Hôpital Américain de Paris. Certainement sous la pression de la France, 5 années plus tard en 1998, Eyadema va commettre l'erreur de l'affronter sur le terrain électoral. Bénéficiant de notre détermination d'en finir avec le système Eyadema qui nous broie depuis plusieurs décennies, Gilchrist va remporter les élections dès le premier tour. Pour un scrutin à 2 tours, c'est un véritable camouflet pour Eyadema aux yeux de ses pairs. Mais cet homme qui prospecte d'être un sage de l'Afrique a une folie de grandeur et ne connaît pas la honte. Eyadema baisse la tête comme un phacochère affamé jeté dans un champ d'ignames et use de la force pour s'accrocher au pouvoir. Aux timides tentatives de mobilisations de la jeunesse à mains nues, il ferme les yeux et fait parler des mitraillettes et des Kalachnikovs alors que Gilchrist s'était déjà replié sur sa base à Accra. Le bilan réel, personne ne le connaîtra il est difficile de l'établir car Eyadema avait aussi la mauvaise habitude de jeter les corps de ses victimes dans la lagune et dans l'océan.

Chat échaudé craignant l'eau froide, en 2003 Eyadema se refuse d'écouter son ami Chirac à qui il avait promis 2 ans plus tôt de respecter notre loi fondamentale, parce que le diagnostic médical de son état de santé lui donnait mort avant les prochaines échéances. Mieux il balise les règles du jeu électoral pour disqualifier Gilchrist. Mais celui-ci ne l'entend pas de cette oreille et se mue en un fidèle parmi les fidèles à la famille Olympio, Emmanuel Bob Akitani. Le peuple répond à son appel et élit un sexagénaire à la santé très fragile et dont les détracteurs disent qu'il a déjà un pied dans le tombeau. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Eyadema va une fois de plus user de la seule parole qu'il connaît et maîtrise le mieux, les armes, pour s'arc-bouter. La résistance est inexistante, Akitani s'étant déjà réfugié à l'ambassade de France pour sa sécurité. Ainsi ce tyran du XXIe siècle va arriver à conserver son fauteuil présidentiel jusqu'à sa mort le 5 février dernier.

Depuis cette date, c'est l'un de ses fils qui assure la succession avec les mêmes méthodes et moyens. Le moins que l'on puisse dire de ce jeune homme bien déterminé à faire usage de tous les moyens pour apaiser sa boulimie du pouvoir, c'est qu'en digne fils Faure va dépasser Eyadema. En 4 mois de règne, le bilan est trop lourd : environ un millier de martyrs, près 4500 de blessés et mutilés à vie et plus de 30 000 d'exilés et de déplacés. Malgré cet hécatombe, la communauté internationale, la France en tête, semble tombé sous son charme. D'ailleurs c'est avec l'aide de la CEDEAO et la bénédiction de l'UA qu'il vient de frauder les résultats des élections du 24 avril dernier.

Mais comme vous pouvez vous en douter, le RPT n'est pas seul à profiter de notre malheur. Il y a d'une part ceux qui, comme le tandem Edem-Zarifou, ne pouvant remporter aucune élection attendent impatiemment tels des charognards aux aguets du cadavre d'un mourant pour faire le festin. D'autre part, il y a ausi ceux qui, comme Agboyibo, Gnininvi ou Abi, cherchent à se faire une place sous le soleil politique. Ces derniers apparaissent autant dangereux que ceux qui attendent de profiter de nos cadavres. Car en acceptant de rencontrer Faure le 26 mai à la Présidence de la République, ces taupes de l'opposition qui ne voient, en réalité, pas plus loin que la déliquescence de l'état de leurs comptes bancaires, ont trahi notre combat et sali la mémoire de tous ceux qui sont tombés sous les balles de ce boulimique du pouvoir. A travers cet acte, ils ont non seulement accepté les résultats ânonnés par la marionnette Tchangaï Walla mais aussi et surtout reconnu Faure comme chef d'Etat. Chers Messieurs de la coalition (y compris Gilchrist), comment voulez-vous que les membres de la CEDEAO ou de l'UA vous respectent dans cette condition? En vous vendant moins chers ils vous ont pris à crédit. Sinon, rien ne saurait justifier la contrariété affichée de Obasanjo et son haussement de ton sur vous face à votre tentative de refus de consommer sa solution de sortie de crise. Obasanjo pense à juste titre avoir autorité sur vous parce que vous répondez à ses invitations comme s'il s'agissait de convocation. En attendant, Obasanjo et ses pairs doivent savoir comme le disait Albert Camus que si l'on échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.

Au vu de ce que nous endurons depuis 1963, il apparaît aujourd'hui que s'il est impossible de faire cohabiter 2 crocodiles dans un même marigot, il est cependant moins évident que la mort de l'un soit synonyme de garantie de sécurité pour les autres locataires du cours d'eau. En effet, à l'annonce de la mort d'Eyadema, Gilchrist a quitté précipitamment son appartement du 16e arrondissement de Paris pour rejoindre son QG à Accra. Malheureusement fidèle à son principe et sa logique d'une perdrix, l'homme est également animé d'un orgueil démesuré. Non seulement pour Gilchrist c'est la loi du tout ou rien, il ne se voit nulle part ailleurs que dans le fauteuil laissé par son père il y a 42 ans. Son ambition est de reconquérir le pouvoir et d'achever l'œuvre de son père. Pour cela nous pouvons continuer par faire des martyrs jusqu'à ce qu'il parvienne à assouvir son dessein. Mais en attendant d'être un jour victimes des bourreaux de Faure, nous devons nous poser quelques questions. Combien sont-ils nos frères tombés sous les balles de la dynastie des Gnassingbé ou portés disparus? Serait-il le prix à payer par les Togolais pour compenser l'assassinat de Sylvanus? Quand Gilchrist renoncera-t-il à briguer la magistrature suprême au Togo dans la seule intension de compenser le mandat inachevé de son père? Gilchrist est-il conscient du rapport des forces en présence dans le combat qui l'oppose aux Gnassingbé? Gilchrist a-t-il compris que ce qu'il n'est pas parvenu à faire pendant 40 ans, la nature vient de le faire pour lui et que maintenant il doit chercher le bien-être de la quarantaine d'ethnies contrainte par l'histoire de vivre ensemble sur cette bande de 56600 km2? Quand Gilchrist se décidera-t-il de faire passer nos intérêts avant d'étancher sa soif du pouvoir? Gilchrist a-t-il encore les moyens pour engager une lutte armée, l'une des solutions qui reste pour débusquer Faure et ses complices du pouvoir qu'ils usurpent depuis le 5 février? Gilchrist est-il conscient qu'il ne pourra jamais être à la présidence du Togo et l'assurer en toute sérénité? Enfin, si nous admettons avec Karl Marx que tous les grands événements commencent par une tragédie pour finir par une farce, celle que nous vivons n'est-elle pas trop longue? Quand viendra donc cette farce?

… à suivre…
Bordeaux, le 6 juin 2005
Mohammed YOUSSIF
mohammed_yusif@voila.fr




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